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Doc travail Bilan Compétitivité

Bilan de la compétitivité française

Chaque année depuis 2006 un bilan complet de la compétitivité de l'économie française et de l'évolution de sa base industrielle, publié dans un document de travail public.

La compétitivité de la France se dégrade de nouveau en 2021 et sa désindustrialisation relative s'accentue

- Février 2022

15/02/2022

Les indicateurs de la compétitivité de la France à l'exportation, déjà en recul en 2020, se dégradent encore en 2021. La France semble renouer avec deux caractéristiques du recul de sa compétitivité au cours des années 2000. D’une part, les pertes de parts de marché à l’exportation vont de pair avec le recul relatif de l'industrie. D’autre part, le recul des parts de marché concerne quasiment toutes les catégories de produits manufacturés.

Part des exportations françaises de biens dans celles de la zone euro 2000-2021 (graphique)

• Déjà en recul en 2020, les indicateurs de la compétitivité, se dégradent encore en 2021

- Le déficit commercial a atteint un niveau record de 85 milliards d’euros en 2021, après 65 Md€ en 2020, selon les Douanes. Par rapport à l’avant-crise Covid, le déficit des échanges de marchandises s'est creusé de près de 27 Md€. Alors que le déficit de la balance énergétique a légèrement diminué, la dégradation est imputable aux produits manufacturés.

- Le déficit de l’ensemble des échanges de biens et services, s’est creusé de plus d’un point de PIB depuis 2019 (solde le plus complet estimé dans la comptabilité nationale).

- La part des exportations françaises dans celles de la zone euro est à son niveau le plus bas depuis 2000. La part française des exportations de biens et services est passée de 14,5% en 2019 à 13,7% en 2020 et 13,6% en 2021, soit un recul de 1,9 point depuis 2019. Ce recul, qui représente une perte de revenu de 51 Md€ en 2021 (environ 2 points de PIB), est entièrement imputable aux exportations de biens et concerne la quasi-totalité des catégories de produits manufacturés.

• La désindustrialisation relative de la France s'accentue, malgré une meilleure appréciation de son attractivité

La part de la valeur ajoutée de l’industrie manufacturière française dans celle de la zone euro diminue de 14,7% en 2019 à 13,9% en 2021. Les pertes de parts de marché à l’exportation apparaissent ainsi fortement corrélées avec la désindustrialisation relative de la France par rapport à la moyenne européenne, et notamment relativement à l’Espagne et à l’Italie.

Les mesures de compétitivité-coût de la décennie 2010 (CICE, Pacte de responsabilité) ont contribué au léger redressement des parts de marchés sur la période 2017-2019. Les réformes du début de ce quinquennat privilégiaient l’attractivité (fiscalité du capital, droit du travail). Les enquêtes suggèrent que cet objectif est bien perçu par les acteurs internationaux mais les résultats n'en sont pas encore tangibles.

• Le classement des biens intermédiaires et d’équipement français sur des critères prix et hors prix se dégrade par rapport à 2019

Consacrée en alternance aux biens de consommation et aux biens intermédiaires, l'enquête Compétitivité auprès des grands acheteurs européens révèle cette année un recul quasi-généralisé du classement des biens intermédiaires et d’équipement français selon les divers critères d'appréciation "prix" et "hors-prix". Au fil des ans, les prix des produits français sont jugés parmi les plus élevés tandis que le rapport qualité-prix est considéré comme moyen voire médiocre.

Ce bilan 2021 montre que le redressement de la compétitivité de la France devrait être un objectif prioritaire du prochain quinquennat

Les indicateurs de compétitivité de la France reculent nettement en 2020

- N.77, mars 2021

02/03/2021

Emmanuel JESSUA

Après un début de stabilisation entre 2017 et 2019, les indicateurs de compétitivité de la France, tels que la balance commerciale ou ses parts de marchés à l'exportation en zone euro, se sont fortement dégradés en 2020. Comme tous les pays européens, la France a été touchée par la crise de la Covid qui a bouleversé les équilibres économiques, mais sa compétitivité en a davantage souffert. Un écart que n'expliquent ni la comparaison des prix à l'exportation, ni la spécialisation industrielle ou la dureté des restrictions sanitaires.

Part des exportations dans les exportations totales de la zone euro  variation en 2020 par rapport à 2019

En 2020, les indicateurs de la compétitivité à l’exportation
ont davantage reculé en France que chez ses partenaires européens

La crise de la Covid a à la fois contraint l’offre de biens et de services et limité drastiquement certaines dépenses de consommation. Comme tous les pays européens, la France a été touchée par ces bouleversements, mais sa compétitivité en a davantage souffert.

• Le déficit de la balance commerciale s’est creusé de plus de 7 Mds€ en 2020, atteignant -65 Mds€. L’excédent du solde de la balance des services s’est réduit de 13,5 Mds€, pour s‘établir à près de 8 Mds€.

Les exportations françaises de biens et services se sont contractées plus fortement que celles de l'ensemble zone euro (-19,3% contre -13,2%).

• La part de la France dans les exportations de la zone euro a baissé de 1 point entre 2019 et 2020 pour atteindre son plus bas niveau (13,5 %) depuis vingt ans. Cette baisse représente une perte d’exportations de 46 Mds€.

• La chute est particulièrement forte pour les biens (-1,2 point), la part française passant à 12,7%, alors que les parts de marché de ses principaux concurrents européens (Allemagne, Espagne, Italie) dans les exportations de la zone euro sont restées quasi-stables.

Ce recul de la France ne s'explique
ni par sa spécialisation industrielle, ni par le poids des contraintes sanitaires

• Pourtant la compétitivité-prix des exportations françaises ne s’est pas dégradée, les prix à l’exportation français n’ayant pas moins diminué que ceux des autres pays européens.

• La chute des exportations aéronautiques et des recettes touristiques a fortement contribué à la dégradation des échanges extérieurs mais (1) les parts de marché de la France dans ses domaines de spécialisation ont davantage reculé que celles de ses principaux concurrents européens, (2) les pertes concernent la quasi-totalité des produits. La spécialisation industrielle et les avantages comparatifs de la France n’expliquent donc pas l’ampleur du recul de ses parts de marché en zone euro.

• L’effet de structure des exportations françaises, mesuré en appliquant les reculs des exportations françaises par produits à la structure d’exportation des autres pays (Allemagne, Italie, Espagne), s'avère mineur.

• Les contraintes sur le secteur productif ont été fortes en France mais pas dans des proportions qui puissent justifier le recul constaté. En moyenne sur l’année, la France ne semble pas avoir durci davantage les mesures sanitaires qu’en Espagne ou en Italie, pays qui n’ont pas perdu de parts de marché à l’exportation de leurs biens.

La compétitivité française doit rester un point d’attention pour la politique économique

La performance à l’exportation de l’appareil productif français semblent avoir plutôt souffert d’une fragilité générale et il est pour l’heure difficile de déterminer si cette rechute sera temporaire. Mais les évolutions des parts de marché et de la base industrielle sont historiquement conjointes et l'année 2020 ne déroge pas à la règle: de manière plus atténuée que pour les parts de marché, la part de l’industrie française dans la valeur ajoutée industrielle de l’ensemble de la zone euro rechute à 14,1%, soit un plus bas historique.

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