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Bilan de la compétitivité française

Chaque année depuis 2006 un bilan complet de la compétitivité de l'économie française et de l'évolution de sa base industrielle, publié dans un document de travail public.

La compétitivité française en 2018: un espoir de stabilisation mais l'érosion industrielle se poursuit

- Juin 2019

11/06/2019

Le constat de ce 13ème bilan annuel de la compétitivité française est à la fois rassurant et préoccupant. Rassurant, car les parts de marché de la France semblent en voie de stabilisation. Préoccupant, parce que le poids de la valeur ajoutée industrielle française en Europe continue de reculer. Or c’est la création de valeur qui détermine les revenus.

Part des exportations de biens et services  dans les exportations de la zone euro

• La part de marché de la France dans la zone euro semble en voie de stabilisation

La part des exportations françaises de biens et de services en valeur dans les exportations de la zone euro s'établit à 14,3% en 2018. Ce niveau est stable par rapport à 2017, sauf si l'on observe les seuls services qui reculent encore. C'est 3,6 points de part de marché en moins qu'en 2000. D'abord très rapide, le repli français s’était progressivement modéré, avant de s'accentuer de nouveau en 2016-17.

En volume, la part de marché française a légèrement progressé entre 2017 et 2018 (+0,1 point pour les biens, stable pour les services).

• Gagnants et perdants de la compétitivité en zone euro

Trois grands groupes se sont petit à petit formés à partir de 2000. La France et l’Italie, ont vu le poids de leurs exportations dans celles de la zone euro diminuer nettement (-3,6 points et -2,6 points). L’Espagne a maintenu sa position. Enfin, l’Allemagne et les autres pays de la zone euro ont progressé de respectivement +3,2 points et +2,7 points. Depuis 2016, la part allemande a légèrement baissé (-0,6 point), celle du reste de la zone euro progresse de 0,9 point.

• Le recul relatif de l'industrie française en zone euro se poursuit

Secteur le plus directement exposé à la concurrence internationale, l’industrie représente près des 3/4 des exportations françaises. Or la France est le pays qui a le plus pâti des importants déplacements de l’activité manufacturière au sein de la zone euro. La part de la valeur ajoutée manufacturière française dans celle de la zone euro a chuté de 4,2 points depuis 2000. L'Italie a perdu 2,4 points. A l'inverse, l'Allemagne a gagné 5,5 points, l'Espagne 0,4 point et le reste de la zone euro 0,7 point.

• Comprendre le recul de la compétitivité industrielle française

Si le recul historique de la compétitivité industrielle française ne fait plus débat, les études divergent sur les poids respectifs d'un ensemble de facteurs: prix, coûts salariaux, ou facteurs plus structurels.

Le début des années 2000 a vu les effets des politiques du travail opposées en France et en Allemagne. L’ampleur du choc sur le système productif français s’avère difficile à apprécier car les données sur l’évolution des prix industriels et des coûts salariaux divergent, au moins au début des années 2000. Cette incertitude ne remet pas en cause notre analyse des mécanismes de la perte de compétitivité.

Trois déséquilibres se sont créés: une forte baisse des marges de l’industrie, un recul rapide des parts de marché, un recul relatif de l’industrie française en zone euro. La France est le pays où le nombre d’entreprises et l’emploi industriels ont le plus reculé de 2000 à 2018. Pour faire face, les entreprises ont maintenu l’effort d'investissement et un rythme élevé de substitution du capital au travail.

La dérive relative des coûts français s’est progressivement réduite. La politique de baisse des charges sociales y a contribué de 2013 à 2015. Les résultats de 2018 laissent entrevoir un espoir de stabilisation de notre compétitivité, à un niveau réduit. Pour consolider, voire amorcer la réindustrialisation, la politique de baisse des coûts de production par celle des prélèvements doit être poursuivie.

La compétitivité en 2017 : la conjoncture s’améliore mais la compétitivité de la France recule encore

- N.66, Janvier 2018

18/01/2018

Le rattrapage des pertes des parts de marché accumulées par la France par rapport aux autres pays européens depuis le début des années 2000 n’est pas encore amorcé et le recul de la position française s’est même légèrement accentué en 2017. La traduction en termes de gains de parts de marchés et de réindustrialisation de l'amélioration récente de la compétitivité-coût prendra du temps.

Part des exportations françaises de biens et services dans celles des pays de la zone euro

• Les parts de marché à l’exportation se sont encore dégradées en 2017

La part des exportations françaises de biens et services dans celles de la zone euro a légèrement reculé en 2017. Elle s’établit en valeur à 12,9%, après 13,2% en 2016. Si la part de marché de la France dans la zone euro était restée à son niveau de 2000 (17,0%), le montant des exportations françaises serait accru de 210 milliards € en 2017.

Le manque à gagner cumulé depuis 2000 atteint désormais de 1.700 milliards €.

Le déficit de la balance des transactions courantes devrait s'élever à 1,1% du PIB en 2017, un niveau historique. La balance des échanges de services s’est en revanche légèrement redressée en 2017 (+0,3 point de PIB), grâce au tourisme, mais sans rattraper les pertes enregistrées depuis 2012.

• Une amélioration de la compétitivité-coût sur la période récente

- Depuis 2012, la progression du coût horaire du travail dans les secteur marchand a été plus modérée en France qu'en zone euro (+5,4% contre +7,1% en zone euro) et en particulier qu'en Allemagne (+11,4%). Si l'on observe le coût salarial unitaire - qui tient compte de la productivité - l'amélioration est également sensible. Dans l'ensemble de l'économie, le CSU a progressé en France au même rythme qu'en zone euro (+1,1%) en 2017, et plus modérément qu’en Allemagne (+1,5%).

- L’écart substantiel accumulé depuis 2000 entre la France et l'Allemagne n'a cependant été réduit que de 25% par le CICE et les réductions de cotisations familiales. Dans l’industrie manufacturière, le CSU baisse en France en 2017 (-0,4%), alors qu’il est stable en zone euro. Les entreprises industrielles françaises ont stabilisé leurs prix à l’exportation en 2017 alors qu'ils augmentent de 1,0% en moyenne en zone euro.

• Un recul continu de la base industrielle française en Europe

- L’amélioration récente de la compétitivité-coût a contribué au redressement des marges des entreprises, sans enrayer toutefois la contraction de la base industrielle, elle-même fortement liée au recul des parts de marché. La part de la valeur ajoutée manufacturière française dans celle de la zone euro a encore légèrement diminué en 2017, pour atteindre 13,6%. Elle était de 17,3% en 2000.

- La hausse au cours des années 2000 des coûts supportés par l’industrie (coûts salariaux directs, mais aussi ceux des secteurs fournisseurs) a progressivement éliminé les entreprises les moins productives. Les autres ont réduit leurs marges pour maintenir leur compétitivité-prix, au détriment de leur capacité à investir et à monter en gamme. Un cercle vicieux s’est installé : les pertes de parts de marché réduisent les débouchés et le recul relatif de la base industrielle réduit les capacités exportatrices et la variété de l’offre française.

• Des produits français perçus comme de qualité mais pas assez innovants et toujours trop chers

L'édition 2017 de l'enquête auprès des importateurs européens sur leur perception du positionnement des produits français par rapport à leurs principaux concurrents confirme ce diagnostic : la qualité des biens d’équipement et des biens intermédiaires français est jugée moyenne, voire médiocre, par rapport au prix de vente.

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