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    Rexecode publie son 13ème bilan annuel sur la compétitivité française

    11/06/2019

    Rexecode publie son 13ème bilan annuel sur la compétitivité française alors que l’UE est confrontée à des divergences de compétitivité et de pouvoir d’achat entre pays.
    Le constat de la perte de compétitivité française, dénoncée par Rexecode depuis de nombreuses années, est désormais largement partagé. Mais les causes et les solutions à ce problème sont, elles, en débat. Sur la base d’une analyse fouillée et inédite, Rexecode présente son interprétation macroéconomique de l’érosion de notre compétitivité et ses recommandations pour y mettre fin.

    Si les parts de marché de la France paraissent peut-être en voie de stabilisation, notamment grâce aux allègements de charge, la désindustrialisation relative française n’était pas encore interrompue en 2018.

    Rexecode présente son analyse des causes du recul de la compétitivité industrielle françaises et de la désindustrialisation

    Les raisons du recul de la compétitivité française à partir du début des années 2000 font l’objet de nombreux débats. Si les études s’accordent sur le fait, les explications proposées s’écartent sensiblement entre elles et elles accordent des poids différents aux évolutions de la compétitivité-prix, de la compétitivité des coûts salariaux et aux facteurs plus structurels (compétitivité « hors-prix »).
    Les divergences entre leurs conclusions s’expliquent en partie par les incertitudes statistiques sur la mesure des prix et des salaires.
    Des écarts significatifs apparaissent en effet particulièrement dans les années 2000, entre les différentes statistiques de prix, mais aussi entre les différentes statistiques de salaires. Rexecode a contourné l’obstacle en s’appuyant sur les données comptables les plus fiables, qui sont les données de valeur. L’institut propose un schéma d’analyse inédit centré sur l’industrie, qui est la branche la plus exposée à la concurrence mondiale.
    Rexecode estime que, comme le montrent les indicateurs de mesures directes des prix de production et des coûts salariaux et à la différence de ce qui ressort des comptes nationaux – privilégiés dans la plupart des études –, la compétitivité-prix et la compétitivité-coût salarial de l’industrie française ont bien connu une dégradation marquée au début des années 2000. Mais d’autres mécanismes macroéconomiques ont joué un rôle majeur dans la désindustrialisation.
    La hausse du coût salarial horaire et des prix dans les secteurs non industriels a fortement pesé sur les coûts de l’industrie par les hausses des prix des biens et services provenant des secteurs amont, moins exposés à la concurrence extérieure.
    Les marges industrielles ont ainsi été comprimées – le taux de marge en pourcentage de la production industrielle a baissé de 11,4 points à 8,9 points en France entre 2000 et 20113. A titre de comparaison, le même taux a augmenté de 11,1 % à 12,5 % en Allemagne.
    La baisse des marges a éliminé progressivement un grand nombre d’entreprises industrielles. Le nombre des entreprises industrielles de plus de 250 salariés a diminué de 40 % en France en quinze ans. C’est la plus forte baisse des pays de la
    zone euro.
    Les entreprises industrielles qui ont résisté sont celles qui ont réalisé le plus d’effort de productivité, en maintenant leur part de valeur ajoutée affectée à l’investissement et un rythme élevé de substitution du capital au travail. De 2000 à 2017, dans l’industrie, le volume du capital par heure travaillée a augmenté de 8 % en Allemagne, de 38 % en Italie, de 46 % en France. Il en est résulté en contrepartie une réduction globale de l’emploi industriel en France – par la disparition d’entreprises
    mais aussi par la réduction de l’emploi dans les entreprises « survivantes » –, une contraction de la base industrielle4 et, en retour, un recul des capacités d’exportations industrielles.
    La dérive relative des coûts français s’est progressivement atténuée au cours de la présente décennie. La politique de baisse des charges sociales de 2013-2017 y a contribué et laisse entrevoir l’annonce et une stabilisation des parts de marchés.

    Trois recommandations pour renforcer la compétitivité française

    Pour la clarté du débat et de la politique économique, il serait souhaitable à l’avenir de mieux distinguer les objectifs de politique de l’emploi et les objectifs de compétitivité. La politique des allègements de charges vise en en effet deux objectifs en même temps : un objectif de créations rapides d’emplois (en particulier peu qualifiés) et un objectif de compétitivité, qui peut mettre davantage de temps à se réaliser, mais renforce durablement la croissance potentielle et l’emploi. Une façon de
    clarifier la question de la baisse des charges pourrait consister à distinguer explicitement deux types d’allègements : d’une part un allègement « emploi » qui serait concentré sur les bas salaires afin de compenser la contrainte du salaire minimum, d’autre part un allègement « compétitivité » qui, lui, devrait être étalé et serait proportionné au salaire.
    Afin d’enrayer la désindustrialisation voire d’amorcer une reconquête, Rexecode formule les recommandations suivantes :
    1. Exercer une vigilance sur l’évolution salariale. Dans l’ensemble des secteurs marchands, les salaires horaires réels ont divergé en France par rapport à laproductivité horaire réelle du travail depuis dix ans. L’écart d’évolution (de +3,4 points) entre salaires et productivité, qui s’était créé avant 2009 n’a pas été résorbé les années suivantes, et il s’est même accru depuis, pour atteindre 6,9 points en 2018. Cette divergence contraste avec la moyenne de la zone euro, où les salaires ont évolué en moyenne plus en ligne avec la productivité.
    Les allègements de charges mis en oeuvre en France à partir de 2013-2014 ont permis d’atténuer la dérive mais des mesures budgétaires ne pourraient pas compenser des hausses salariales si celles-ci divergeaient durablement des gains de productivité.

    2. Ne pas remettre en cause le niveau des allègements mis en oeuvre –notamment l’allègement des cotisations familiales au-delà de 2,5 smic (a fortiori au-delà de 1,6 smic). Une suppression même partielle des allègements équivaudrait à une nouvelle hausse du coût du travail5, contrecarrant les effets positifs des précédentes mesures de baisses de charges.

    3. Engager une baisse prioritaire des impôts de production, qui grèvent les prix de revient et qui constituent une charge particulièrement élevée en France.

    Le renforcement de notre potentiel de croissance et la re-convergence européenne dépendront de ces choix.

Rexecode dans les médias

Les citations de nos travaux dans la presse ou les revues économiques, les entretiens accordés par nos économistes. Voir aussi les communications des économist...

    Agir sur les coûts, la concurrence et les prix pour des gains durables de pouvoir d'achat

    - Les Echos, décembre 2019

    04/12/2019

    L'écart de pouvoir d’achat entre la France et l'Allemagne tient en deux chiffres: les prix à la consommation français sont supérieurs de 5,7% aux prix allemands, alors que le revenu par habitant est inférieur d’environ 10% en France. L'écart de prix entre les deux pays s'explique notamment par les coûts salariaux, la fiscalité de production, ainsi que le niveau de concurrence sur les marchés de biens et de services. Agir sur ces trois leviers serait beaucoup plus efficace qu'un coup de pouce fiscal.

    C’est l’un des rappels majeurs de l’ouvrage récent de Thomas Philippon, The Great Reversal: la concentration croissante du pouvoir économique entre quelques grandes firmes ne permet plus de faire des Etats-Unis l’incarnation d’une économie de marchés libres et ouverts.

    L’Europe se rapproche bien plus de ce modèle: elle présente des niveaux de prix inférieurs sur nombre de services comparables (transport aérien, communications, accès à internet) et ses pratiques réglementaires ont évolué vers une ouverture accrue de ses marchés. Mais en son sein des écarts de prix de biens et services demeurent, notamment entre ses deux principales économies.

    La comparaison effectuée par Eurostat du niveau de prix d’un panier de biens et services homogène montre ainsi que les prix à la consommation sont supérieurs de 5,7% en France aux prix pratiqués en Allemagne. Or le revenu par habitant est inférieur d’environ 10% en France. D'où un écart majeur de pouvoir d’achat entre les deux pays.

    Une partie de l’explication de l'écart de niveaux de prix entre la France et l'Allemagne
    se trouve dans les structures de coût relatif

    • S’il a eu tendance à s'en rapprocher, le coût salarial horaire français demeure supérieur de 2% (ou 70 centimes par heure) au niveau observé en Allemagne dans les secteurs marchands. Pourtant, le salaire horaire moyen est inférieur en France de 3,3 euros, soit 11,5%, à son équivalent allemand. L’écart réside dans un niveau de charges annexes au salaire supérieur en France de 4 euros par heure, soit 51% de plus qu’en Allemagne.

    • Un second élément de différenciation tient à la fiscalité de production. L’ensemble des taxes et prélèvements qui frappent les entreprises au cours de leur activité représente 9,1% de leur valeur ajoutée en France. Cette fiscalité se retrouve répercutée dans les prix à la consommation, ce qui nuit au pouvoir d’achat ; dans les prix à l’exportation, ce qui pèse sur leur compétitivité ; prélevée sur les marges, ce qui handicape le potentiel d’investissement voire menace la pérennité des entreprises.

    • Une autre explication à l’écart franco-allemand de niveau de prix tient à la réglementation sur le marché des biens et services. Cette piste a récemment été explorée par France Stratégie qui note que, si "elle permet d’assurer la qualité des biens et services, de garantir la sécurité du consommateur et de veiller à la protection de l’environnement, une réglementation mal calibrée peut aussi créer des situations de rente pour les entreprises et contribuer à des prix plus élevés".

    Or, d’après les indices calculés par l’OCDE, la France réglemente davantage les marchés de biens et services que ses partenaires européens. Une réduction par 2 de l’écart de l’indice de réglementation français à celui de ses partenaires de la zone euro contribuerait à relever la production potentielle de 1,3 point à long terme et à réduire sensiblement le taux de chômage et le niveau des prix.

    La voie de l’assouplissement des réglementations comme facteur de libération de la croissance et du pouvoir d’achat avait été empruntée en 2016 par le Ministre de l’Economie E. Macron avec sa loi éponyme. C’est celle du soutien du pouvoir d’achat par la fiscalité qu’a choisie d’emprunter le Président Macron, une voie moins urticante pour des professions réglementées, à l’impact rapidement perceptible pour les ménages, mais aux effets moins durables sur l’efficacité productive et donc in fine le pouvoir d’achat.

    Pouvoir d'achat: la France peut faire beaucoup mieux
    Chronique de Denis Ferrand parue dans Les Echos du 3 décembre 2019

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