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Documents de travail

Les rapports publics pour le débat de politique économique

En accès libre, des documents de travail ou des rapports sur des sujets de politique économique. Voir aussi A Noter des notes synthétiques sur un chiffre ou un enjeu de la politique économique.

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Moins de croissance trop de carbone

- N.74, juillet 2020

21/07/2020

Le Pôle Energie-Climat a mené un exercice inédit de prévision des émissions de CO2 en France, en Europe et dans le monde, en lien avec nos perspectives macroéconomiques. Le Covid-19 a provoqué en 2020 une forte récession mondiale qui débouchera, après un rebond en 2021, sur une croissance durablement affaiblie. Les émissions carbone sont revues à la baisse sur l'ensemble de la période 2020-2030. Encore insuffisante pour atteindre les objectifs climatiques, cette baisse a un coût économique exorbitant.

Emission de Co2 selon les prévisions économiques d'ici 2030 Monde et France (calculs Rexecode)

• La crise du Covid-19 entrainera une perte de croissance définitive

Le confinement d’une partie de la planète a provoqué une forte récession mondiale, avec un recul du PIB estimé à -4,6% en 2020. Après un rebond de +6,9% en 2021, le rythme de croissance serait affaibli pour les prochaines années (+3%) selon le nos Perspectives de juin 2020.

Pour la zone euro, la récession serait de -8,6% en 2020, le rebond en 2021 de +6,4%, le niveau d'activité de 2019 n'étant retrouvé au mieux qu’en 2023 (+1,4%). En France, la récession serait encore plus marquée (-10,3% en 2020). Le rebond serait de +7,8% en 2021, puis de +2,8% en 2022, avant que la croissance ne converge vers un potentiel affaibli, de l’ordre de +0,8% par an.

• 143 kilos de CO2 émis pour produire 1000 euros de PIB en France, trois fois moins qu’en moyenne dans le monde

En 2019, les émissions mondiales de CO2 ont atteint 36 milliards de tonnes. L’Union européenne représente 8% des émissions mondiales et la France moins de 1% (327 millions de tonnes de CO2).

La production de 1000€ de PIB en France met en jeu actuellement une quantité d’énergie primaire de 101 kilos d’équivalent pétrole et dégage 143 kilos de CO2. Au niveau mondial, les chiffres sont près de trois fois supérieurs: la production de 1000€ de PIB met en jeu 197 kilos de pétrole et émet 483 kilos de CO2. L’Union européenne est proche de la France pour la quantité de pétrole nécessaire à la production de 1000€ de PIB, mais les émissions de CO2 sont bien plus élevées, à 234 kilos de CO2, la part du charbon étant encore élevée dans plusieurs pays.

• Projections 2020-2030: une baisse des émissions de CO2 au coût économique exorbitant

La récession actuelle entraîne en 2020 une diminution des émissions de CO2 par rapport aux perspectives antérieures: -11,4% pour la France, -9,8% pour l’Union européenne et -7,6% pour le monde. Pour l’ensemble de la période 2020-2030, la révision à la baisse des prévisions d’émissions atteint 190 millions de tonnes pour la France, 1,6 milliard de tonnes pour l’Union européenne et 17,2 milliards de tonnes pour le monde.

Les émissions évitées en raison de la crise doivent être rapprochées de son coût économique. La perte de volume du PIB, cumulée de 2020 à 2030, étant estimée à 1647 milliards d'euros pour la France, le coût économique de la tonne de CO2 non émise est de 8700 €. Ce coût est de 5200 € en moyenne dans l’Union Européenne et de 2200 € en moyenne dans le monde.

Les coûts par tonne de CO2 évitée en raison de la crise sont 20 à 30 fois supérieurs aux coûts des programmes actuels de réductions des émissions.

• La France se rapproche des objectifs 2030, le Monde en est loin

Pour la France, les émissions de CO2 atteindraient 241 millions en tonnes de CO2 pour l’année 2030, soit un écart de 3% par rapport à l’objectif de la Stratégie nationale Bas Carbone pour 2030.

Pour le monde, les émissions sont projetées à 41,7 milliards de tonnes de CO2 en 2030 alors que l’objectif du GIEC pour contenir la hausse de température à 1,5 degrés Celsius est de l’ordre de 20 milliards de tonnes de CO2. L'écart prévision/objectif pour le monde est 3000 fois supérieur à celui de la France.

Ces données incitent fortement à rechercher, au niveau mondial et au niveau de chaque pays, les moyens les plus efficaces pour concilier les objectifs climatiques et les objectifs économiques et sociaux.

Les données et prévisions détaillées sont disponibles en annexe du document de travail N.74

Perspectives France 2020: les mesures budgétaires en faveur des ménages ne soutiendront la croissance qu’à court terme

- Octobre 2019

22/10/2019

Dans un contexte de croissance atone de l'économie mondiale et alors que les chances de rebond de la zone euro sont faibles, la croissance française devrait être proche de son potentiel en 2020. Elle reposera moins sur l'investissement et davantage sur la consommation. Les mesures budgétaires soutiendront la demande à court terme mais ne contribuent pas à desserrer les freins structurels à la croissance française.

Photo by Ayo Ogunseinde on Unsplash

• Scénario 2020: résilience de la croissance française sur fond de perspectives mondiales atones

La croissance de l'économie mondiale devrait être modérée (3% en 2020 après 2,9% en 2019), le ralentissement se prolongeant aux Etats-Unis et en Chine. Dans ce contexte, les chances de rebond en zone euro sont faibles (1% en 2020 après 1,1% en 2019) tandis que le Brexit pèse sur l'économie britannique.

La croissance française (1,2 % en 2020 après 1,3% en 2019) serait proche de son potentiel mais ses moteurs vont s'inverser. Principal moteur de la croissance en 2018 et 2019, l'investissement va ralentir tandis que la consommation des ménages accélérera légèrement après avoir progressé moins vite que le pouvoir d'achat en 2019. Ce dernier sera soutenu par la stimulation budgétaire et fiscale mais freiné par le ralentissement des revenus d’activité, l’emploi voyant sa croissance se modérer.

• Perspectives des finances publiques: une discipline budgétaire relâchée par rapport aux ambitions initiales du quinquennat

Le projet de loi de finances pour 2020 s'écarte de la trajectoire définie dans la loi de programmation de janvier 2018. La réduction du déficit est nulle de 2019 à 2020 (si l’on met à part le cumul exceptionnel CICE-allègement en 2019), alors que le déficit était censé baisser de 0,5 point dans la programmation initiale. La prévision de déficit est revue à -2,2 % du PIB au lieu de -1,5 % en 2020 et sa cible pour 2022 à -1,5 % du PIB au lieu de -0,3%.

L’effort structurel d’économies de dépense publique cumulé sur la période 2018-2020 est divisé par deux. Hors effet - actuellement très favorable - des taux d’intérêt sur le service de la dette, la réduction des dépenses publiques serait de 0,7 point de PIB, contre 1,3 point de PIB dans la programmation initiale.

• Mesures fiscales: un net infléchissement en faveur des ménages

Le projet de Budget pour 2020 prévoit des baisses de prélèvements obligatoires de l’ordre de 15 Md€ par rapport à 2019, aux deux tiers au bénéfice des ménages. Au total, les mesures du gouvernement aboutissent à une diminution des prélèvements obligatoires sur les ménages de près de 18 Md€ et à une hausse des prélèvements sur les entreprises de l’ordre de 3,5 Md€ en 2020 par rapport à 2017.

Les premières réformes du quinquennat (fiscalité du capital, marché du travail) renforceront la croissance potentielle. Mais en relâchant l’effort sur la dépense, le gouvernement se prive de marges budgétaires pour desserrer les freins structurels (compétitivité dégradée, désindustrialisation) et en particulier pour poursuivre la baisse des coûts pesant sur les entreprises. Ainsi, le poids des impôts de production reste nettement plus important en France que chez nos concurrents européens.

Les perspectives de l'économie mondiale de Rexecode sont mises à jour chaque trimestre (documents réservés aux adhérents)

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