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Documents de Travail (couverture)

Documents de travail

Les rapports publics pour le débat de politique économique

En accès libre, des documents de travail issus de travaux approfondis, principalement sur des questions de politique économique.

Voir aussi :

- Repères, des notes visant à nourrir le débat sur la politique économique et la transition écologique

- A Noter, des analyses succinctes sur un chiffre ou une question économique

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Compétitivité de la France: du mieux en 2022 mais un déficit extérieur record

- Janvier 2023

26/01/2023

Olivier REDOULES

Entre 2021 et 2022, la France a légèrement augmenté sa part dans les exportations de biens et de services de la zone euro, sans effacer les pertes enregistrées depuis 2019. Ses produits manufacturés ont bénéficié d'une hausse des prix de production moins forte que la moyenne européenne et leur classement mondial sur les critères "hors-prix" a légèrement progressé. Mais le déficit extérieur français a touché un record en 2022 (près de 4% du PIB), tant d'un point de vue historique qu'au sein de la zone euro. Certes principalement due aux échanges énergétiques, l'aggravation du déficit concerne quasiment tous les secteurs industriels, les services enregistrant au contraire un excédent exceptionnel.

Part de la France dans les exportations de la zone euro (graphique)

• La légère progression en 2022 de la part des exportations de la France dans la zone euro n’efface pas les pertes accumulées depuis 2019

La part des exportations de la France dans les exportations de la zone euro a légèrement augmenté entre 2021 et 2022, tant pour les biens (+0,3 point) que pour les services (+0,2 point) pour s'établir à 12,4% en valeur. Elle reste cependant inférieure de 0,9 point à son niveau de 2019 du fait d’un recul sur les biens (-1,2 point en valeur), et ce sur presque tous les secteurs industriels.

Depuis 2019, l’Espagne, l’Italie et les Pays-Bas ont au contraire conservé ou gagné du terrain dans les exportations de biens (l'Italie reculant de 0,2 point sur l'ensemble biens et services). L’Allemagne a en revanche perdu des parts de marché, mais dans des proportions moindres que la France.

• En 2022, la France enregistre le déficit des échanges extérieurs le plus élevé depuis 1948

La France enregistre un déficit des échanges de biens et services équivalent à près de 4 points de PIB en 2022, soit le plus élevé depuis 1948 et le plus important des grands pays de la zone euro (sur les trois premiers trimestres de l’année).

Partie d’une position plus défavorable, la France a aussi connu entre 2019 et 2022 une dégradation du solde extérieur plus importante que la moyenne (-3,1 points de PIB, dont -2 points en 2022, contre -2,1 points pour la zone euro).

La facture énergétique explique environ 60% du recul intervenu entre 2019 et 2022 sur les échanges de biens, mais la chute du solde pour quasiment tous les secteurs manufacturiers explique les 40% restants.

Les échanges de services enregistrent un excédent record et exceptionnel de près de 50 Md€ en 2022, en lien avec le rebond important du commerce mondial et des prix internationaux de transport maritime.

• Globalement favorable, l'appréciation des biens de consommation français s'améliore légèrement

Selon l'enquête annuelle auprès des importateurs européens, le rang des produits français parmi les grands concurrents mondiaux progresse globalement dans l’agro-alimentaire et l’habillement, très bien notés sur les critères hors prix, et recule dans l’équipement du logement, la pharmacie et l'hygiène-beauté, avec une notation hors-prix toutefois satisfaisante. Les prix français sont en revanche jugés élevés.

Table des matières :

1. La facture énergétique creuse le déficit du commerce extérieur à un niveau record

2. Les parts de marché de la France à l’exportation sont inférieures en 2022 à leur niveau de 2019

3. Les déterminants de la compétitivité des exportations de la France en 2022 pour l’industrie manufacturière

4. L’attractivité de la France comme lieu de production en 2021

5. L’évolution du positionnement en coûts de la France pour l’industrie manufacturière entre 2019 et fin 2022

Annexe : Résultats de l’enquête Compétitivité 2022 sur les biens de consommation

Enjeux économiques de la décarbonation en France: une évaluation des investissements nécessaires

- Document de travail N.83 (Mai 2022)

16/05/2022

La France est certes l’un des pays les moins émetteurs de gaz à effet de serre au monde et ses émissions diminuent, mais à un rythme insuffisant. Les perspectives globales et sectorielles du Pôle Energie-Climat montrent que les objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC) à horizon 2030 et au-delà ne pourront être atteints sans un important effort d’investissement supplémentaire, de l’ordre de 2,1% à 2,9% du PIB à par an d’ici 2030. Une planification écologique intégrant politiques climatiques et macroéconomiques sera indispensable.

Emissions de gaz à effet de serre "tendancielles"  et trajectoire de la SNBC

Comment et à quel coût la France peut-elle conjuguer objectifs climatiques, ambition économique et contraintes budgétaires, autrement dit, résoudre le dilemme des émissions en accélérant la transformation de l'économie et le découplage carbone/croissance ?

Le Pôle Energie-Climat présente de nouvelles perspectives d'émissions de gaz à effet de serre sur le territoire français à horizon 2030 et 2050, en combinant une approche sectorielle et une approche globale, afin de mesurer l'écart par rapport aux objectifs de la Stratégie Nationale Bas Carbone (SNBC). Sur cette base, il propose une estimation des investissements nécessaires pour remplir cet objectif climatique.

• En 2030, il resterait un écart de 39 à 55 millions de tonnes de CO2e par rapport à l'objectif de la stratégie bas carbone

Pour 2030, l’approche sectorielle par prolongation des tendances passées conduit à des perspectives d’émissions brutes (avant déductions des absorptions) de 365 millions de tonnes de CO2e. L’approche globale, basée sur un modèle simple combinant perspectives macroéconomiques, d'intensité énergétique et carbone, conduit à des émissions brutes de 349 millions de CO2e, en tenant compte des actions engagées dans les plans de relance et "France 2030".

Dans les deux approches, le point de passage de la SNBC pour 2030 (310 millions de tonnes de CO2e) est dépassé. Il faudra donc accélérer le découplage entre croissance et émissions pour une réduction supplémentaire des émissions de CO2e d’ici 2030 de l'ordre de 39 à 55 millions de tonnes. Pour 2050, l’écart augmenterait fortement (entre 102 et 180 millions de tonnes), mais la zone d’incertitude s’élargit.

• Un effort de 58 à 80 milliards d’euros d'investissements supplémentaires par an d'ici 2030

L'estimation des dépenses associées aux changements "physiques" à réaliser dans chaque secteur* (isolation, changement de véhicule, etc.), montre qu'au total entre 58 et 80 milliards d’euros (2,1% à 2,9% du PIB) d'investissement supplémentaires seraient à mobiliser chaque année d'ici 2030, par rapport aux investissements prévus dans nos perspectives macroéconomiques (hors mesures nouvelles). L'effort culminerait à 100 milliards (en euros constants) en 2040, avant une stabilisation progressive grâce aux économies induites par les investissements antérieurs.

Les dépenses d'investissement franchiraient une marche de +20% pour les ménages (isolation des logements, changement de véhicule) d'ici 2030 par rapport aux scénarios courants et de +10% pour les entreprises (obsolescence accélérée du capital productif, nouveaux process de production, renouvellement du parc automobile, adaptation des bâtiments).

• Planification écologique: visibilité à long terme, évaluations régulières et corrections

Au vu de l'effort de transformation et d’investissement à fournir par les divers acteurs, une démarche intégrant les instruments des politiques de décarbonation et l'évaluation de leurs conséquences économiques est nécessaire. Les coûts économiques et budgétaires de la tonne de carbone évitée devront faire l’objet d’évaluations régulières afin de combiner visibilité de long terme et corrections nécessaires. Il faudra aussi plus que jamais orienter massivement l’épargne privée vers l’investissement.

* Les investissements nécessaires dans 7 secteurs (bâtiment, transport routier, production d’énergie, décarbonation de l’industrie, décarbonation du secteur agricole, traitement des déchets, développement des puits de carbone) sont détaillés dans la seconde partie du document.

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