Espace adhrent
Page d'accueil > Analyses et prévisions > Documents de travail
Documents de Travail (couverture)

Documents de travail

Les rapports publics pour le débat de politique économique

En accès libre, des documents de travail issus de travaux approfondis, principalement sur des questions de politique économique.

Voir aussi :

- Repères, des notes visant à nourrir le débat sur la politique économique et la transition écologique

- A Noter, des analyses succinctes sur un chiffre ou une question économique

...

La durée effective du travail en France et en Europe en 2019

- N.79, Octobre 2021

14/10/2021

La durée effective annuelle moyenne de travail des salariés à temps complet était en France de 1680 heures en 2019, contre 1955 heures vingt ans plus tôt. Il s’agit la durée la plus faible de l’Union européenne après la Suède. A l'inverse, la durée du travail des non-salariés à temps complet français est parmi les plus élevées d'Europe. Le temps de travail des salariés à temps partiel, soit 18% des salariés en France, se situe au-dessus de la moyenne européenne.

Durée effective annuelle moyenne de travail  des salariés à temps complet en 2019 dans l'Union européenne (graphique Rexecode, 2021)

Selon les données de l’enquête sur les Forces de travail conduite par Eurostat * dans l'ensemble des pays de l'Union européenne (UE), en France, la durée effective annuelle moyenne de travail était en 2019 :

de 1680 heures pour les salariés à temps complet, soit la plus faible des pays de l’UE, après la Suède. Après avoir fortement baissé au début des années 2000, elle est stable depuis 2005. La baisse tendancielle de la durée du travail s’est poursuivie régulièrement en Allemagne, réduisant l'écart entre les deux pays de 291 h en 2003 à 155 h en 2019. La France reste très en deçà de la moyenne européenne (1846 h).

de 996 heures pour les travailleurs salariés à temps partiel (près de 60% de la durée moyenne des salariés à temps complet). Légèrement supérieure à la moyenne européenne (960 h.), elle excède nettement la durée de travail recensée en Allemagne (918 h, 50% de la durée d’un temps complet).

• de 2290 heures pour les travailleurs non-salariés à temps complet, soit 36% de plus que la durée moyenne des salariés à temps complet. Dans la quasi-totalité des pays de l’UE, les non-salariés travaillent plus longtemps que les salariés, mais c'est en France que l'écart est le plus net (25% en Allemagne, 22% en Italie, 8% au Royaume-Uni par ex.).

de 1679 heures dans l’industrie pour les salariés à temps complet, 1716 heures dans la construction, 1748 heures dans les services marchands. Elle est sensiblement plus faible (1605 heures, soit 75 h de moins que la moyenne de l’économie) dans les services non marchands (administration publique notamment, santé humaine et action sociale).

* Rexecode établit et analyse depuis 2012 la durée effective annuelle moyenne de travail dans les pays de l’UE à partir des données de l’enquête annuelle sur les Forces de travail (LFS) conduite par l’institut Eurostat. Le document de travail N.79 inclut les estimations pour l’année 2019 ainsi que les années antérieures (depuis 1998).

Des fiches annexes apportent des précisions sur les différentes notions de durée du travail, les enquêtes statistiques, les durées effectives de travail pour des formes d’emploi comparables, les limites des comparaisons des durées du travail à partir des comptes nationaux (Cf. données Ocde).

Soutenabilité de la dette publique et soutenabilité climatique ou le dilemme des émissions

- Avril 2021

13/04/2021

Dans le cadre du débat sur la dette publique de la France, fortement alourdie par la crise de la Covid, ce document de travail analyse les différents scénarios macroéconomiques et budgétaires pour 2021-2030 afin d'évaluer les risques pesant sur la soutenabilité de la dette. Il ajoute à cette évaluation financière la question de la "soutenabilité climatique", révélant le dilemme entre la maitrise des émissions de dette publique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre, avant de suggérer des pistes d'action.

Ecarts à l’objectif de la stratégie nationale bas carbone et ratios de dette publique dans les différents scénarios en 2030

L’ampleur de la récession économique et l’aggravation historique des déficits publics en raison de la pandémie de Covid-19 posent la question de la soutenabilité de la dette publique à moyen terme dans de nombreux pays, et singulièrement en France.

La soutenabilité financière de la dette publique d'ici 2030
ne semble pas fortement menacée.

Les risques sont évalués à partir de projections des finances publiques associant l’évolution de la dette publique à différentes hypothèses économiques et budgétaires (un scénario central et cinq variantes). Sauf dans l’hypothèse d’une progression des dépenses publiques tendancielle, donc durablement supérieure à la croissance économique, les différentes perspectives étudiées ne suggèrent pas de menace forte sur la soutenabilité financière de la dette publique.

Le concept de soutenabilité doit cependant être élargi,
particulièrement à la notion de "soutenabilité climatique".

Le concept de soutenabilité dépasse désormais la seule estimation financière et, à l'heure où les objectifs d’émissions de gaz à effet de serre sont inscrits dans la loi, leur intégration est essentielle. Or, le calcul des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030, selon un scénario principal et ses 5 variantes, fait apparaître un "dilemme des émissions". En effet, la croissance économique permet de diminuer les émissions de dette mais augmente celles de GES (toutes choses égales par ailleurs).

L'analyse du Programme de stabilité d’avril 2021 selon la même méthode montre par ailleurs que l’hypothèse de croissance retenue par le Gouvernement conduirait à un dépassement de l’objectif de la SNBC pour 2030 de 28 MtCO2 (338 MtCO2 par rapport à l’objectif de 310 MtCO2). Résorber un tel écart nécessiterait d’augmenter les mesures du plan de relance de 12 milliards d’euros par an d’ici 2030, confirmant le dilemme des émissions

La politique économique et budgétaire doit trouver un chemin soutenable financièrement
et respectueux de l’objectif de la stratégie nationale bas carbone

Nous formulons trois grandes propositions :

- Mettre en place une évaluation systématique coûts/avantages des dépenses de subvention et d’investissement publics du point de vue des émissions de gaz à effet de serre évitées.

- Orienter les investissement vers la politique de l’offre pour le climat afin de développer en France des technologies exportables économisant les émissions carbonées.

- Stimuler l’investissement productif privé, notamment par la création de fonds d’investissement à capital garanti par l’Etat, destinés à l’épargne "moyenne".

Table des matières :

Résumé et principales conclusions . 5
1. La dynamique de la dette 8
2. La question de la soutenabilité financière 10
3. Perspectives d’évolution de la dette publique française . 15
4. La soutenabilité extra financière et le dilemme des émissions 22
5. Concilier des objectifs contraires . 25
Conclusion . 30

Les perspectives économiques et budgétaires de base 37

Variante 1 : croissance plus forte . 40
Variante 2 : 1 point d’inflation en plus . 41
Variante 3 : norme sur la dépense publique . 42
Variante 4 : hausse des prélèvements obligatoires . 43
Variante 5 : retour de la dépense publique à sa tendance . 44

Actualités

Etudes pour le débat public