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Décryptage d'un chiffre ou d'un enjeu de politique économique

Pour un large public, nos économistes décryptent un chiffre ou une question de politique économique dans un texte synthétique, associé si besoin à une note détaillée. Voir aussi : La conjoncture économique en 10 graphiques, les tableaux de bord de la politique économique, les documents de travail.

Les difficultés de recrutement, principal frein à la croissance des PME en France, sont en forte hausse

- Baromètre "Trésorerie, Investissement et Croissance des TPE et PME", mai 2019

24/05/2019

Les difficultés de recrutement restent le principal frein à la croissance des TPE/PME et progressent fortement sur un an. Ces difficultés concernent plus de 80% des PME qui ont eu besoin de recruter ces 12 derniers mois. Selon les chefs d’entreprises, la principale barrière à l’embauche est de loin l’absence de candidats "adaptés". Ils peinent surtout à trouver des niveaux de qualification et d’expérience conformes à leurs attentes et doutent de l’adaptabilité des candidats à la culture de leur entreprise.

82% des entreprises ayant cherché à recruter au cours des 12 derniers mois ont signalé des difficultés de recrutement, une proportion en forte hausse sur un an (70 % au 2e trimestre 2018). Ces difficultés affectent d’ores et déjà l’activité de 47% d’entre elles, et 41% ont des craintes quant à leur impact à venir sur l’activité espérée.

L’absence de candidat "adapté" reste une difficulté majeure citée par trois quarts des PME. Cette proportion recule néanmoins sur un an. L’inadéquation entre leurs propres attentes et les caractéristiques ou attentes des candidats, désormais citée par 83% des PME, devient la première source de difficultés rencontrées dans leur recrutement.

Les PME signalent en particulier un niveau de qualification insuffisant des candidats ainsi que leur manque d’expérience et leur faible adaptabilité à l’entreprise. Le salaire demandé n’apparaît qu’au cinquième rang des raisons aux difficultés de recrutement et est moins cité que l’an passé (17% après 20%).

Les TPE/PME sont plus nombreuses que l’an passé à mettre en cause certaines caractéristiques propres à l’entreprise elle-même ou son organisation pour expliquer ces difficultés à recruter. L’implantation géographique de l’entreprise prend notamment un peu plus d’ampleur. Ces obstacles liés à l’organisation de l’entreprise restent relativement peu cités par les dirigeants et relèvent sans doute davantage de la perception des candidats.

Plus de la moitié des PME font évoluer leur politique de recrutement (réseaux sociaux, concurrents, cabinets de chasseurs…). Elles modifient également leur organisation interne, en augmentant la durée de travail des salariés en place (heures supplémentaires, passage des temps partiels en temps pleins …), en les formant et en développant leur polyvalence, ou encore en leur proposant une meilleure rémunération. Les PME ont également recours à des prestataires extérieurs (intérim, travail détaché, sous-traitance) et adaptent les profils des postes à pourvoir. En revanche, les difficultés de recrutement n’incitent que peu les chefs d’entreprise à investir dans l’automatisation des tâches, et encore moins à mettre en place des solutions de mobilité de la main d’œuvre ou du télétravail.

Malgré les actions entreprises pour faire face aux difficultés de recrutement, un quart des PME déclarent néanmoins avoir été contraintes de restreindre leur activité compte tenu de leur importance.

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