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Compétitivité de la France : le débat

Le rapport Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l'Allemagne remis en 2011 par le président de Rexecode au Ministre de l’Industrie, a relancé le débat sur la compétitivité française. Un début de consensus s’est formé depuis sur le diagnostic et sur les politiques.

Nous suivons le débat depuis les premières réactions en 2011 jusqu'aux rapports les plus récents. Vous trouverez dans ces pages une sélection d'analyses d'experts, partenaires sociaux, think tanks.

Voir aussi : nos études sur la compétitivité .

Une estimation de la compétitivité hors-prix des exportations françaises: un niveau globalement bon mais en baisse (Commission européenne)

Can We Evaluate the Non-Price Competitiveness of French Products Based on Export Data? - Commission européenne, 5 mars 2021

08/03/2021

Selon un indicateur de "qualité" approchée par le volet "hors prix" de la compétitivité à l’exportation et calculé pour un ensemble d’économies de l’OCDE et de l’Union européenne, la France se situe à un niveau plutôt bon, mais sa performance est en baisse sur la période 2003-2016. Cette performance reste portée par un nombre limité de produits de très haute qualité comme l’aéronautique, mais se dégrade dans des secteurs clés du commerce mondial, comme l’automobile.

Depuis les années 2000, les parts de marché à l’exportation de la France ont diminué davantage que celles d’autres grands pays européens face à la concurrence croissante des économies émergentes. Un EcoBrief de la Commission européenne construit un indicateur de "qualité" pour évaluer le rôle de la compétitivité hors-prix dans cette détérioration.

La perte de compétitivité française a d’abord été expliquée par les coûts plus élevés en France. L’introduction de mesures visant à réduire les coûts de main-d'œuvre, comme le CICE en 2012 semblent avoir permis une stabilisation des parts de marché à l’exportation mais pas de renverser la tendance. Selon les auteurs, la composition géographique et sectorielle des exportations ne semble pas non plus expliquer le recul ou la stagnation des parts de marché.

L’EcoBrief explore le rôle de la compétitivité "hors-coût", considérée comme la part des exportations qui ne peut être expliquée par le prix ou d’autres paramètres contrôlés (distance, taille économique…). Les auteurs calculent un indicateur de "qualité" pour 37 pays exportateurs de l’OCDE et de l’UE sur la période 2003-2016. Leur approche est basée sur des équations de demande dérivées de modèles théoriques, où la "qualité" agit comme un déclencheur de déplacement de la demande. Appliqué à un important ensemble de données par produits (du Cepii notamment), leurs calculs permettent d’évaluer la composante hors-prix des exportations à un niveau sectoriel détaillé.

• Le classement de la France au vu de "l’indicateur qualité" agrégé est plutôt bon, mais en baisse.

La compétitivité hors-prix des exportations de la France est moyenne à bonne, puisqu'elle occupe le 11e rang sur les 37 pays étudiés, mais elle se détériore entre 2003 et 2016, et notamment après la crise de 2008. Sur la période, la Suisse, l'Allemagne et le Japon font partie du top 3, tandis que la France est descendue de la 8e position qu'elle occupait en 2003-2005, dépassée par les Pays-Bas, les Etats-Unis et le Royaume-Uni.

L a comparaison avec l’Allemagne montre que la "qualité" est concentrée sur un trop petit nombre de secteurs en France.

En 2016, parmi les 8 secteurs qui pèsent le plus dans son commerce extérieur en valeur, la France est leader dans trois secteurs : l’aéronautique (N.2), la cosmétique (N.1) et les boissons (N.1). Ces secteurs représentent 19% de la valeur des exportations françaises mais une faible part du commerce mondial. La France mène aussi sur certaines niches (réacteurs nucléaires, par exemple).

Dans les cinq autres grands secteurs, qui sont aussi les plus importants au niveau mondial (équipement électrique, machines-outils, véhicules, plastique, produits pharmaceutiques) le rang français est moyen (entre 11e et 14e ) et surtout, il s’est dégradé au fil du temps. Sur la période 2003-2016, la France a ainsi perdu 6 places pour les véhicules, 5 pour les équipements électriques, 2 pour les produits pharmaceutiques et les plastiques.

En comparaison, l'Allemagne est leader dans les trois secteurs manufacturiers clés au niveau mondial (équipement électrique, machinerie et véhicules) et dans 12 autres secteurs. En 2016, 61% des exportations allemandes se classaient dans la catégorie "haute qualité" soit une proportion stable par rapport à 2003 (62%), la part "haute qualité" des exportations françaises serait passée de 41% en 2003 à 30% en 2016 (au niveau de l'Espagne qui a elle progressé de 7 points).

Synthèse réalisée par le service Documentation de Rexecode, accès au document en cliquant sur le lien ci-dessous.

Can We Evaluate the Non-Price Competitiveness of French Products Based on Export Data?
Commission européenne - Julien Burton et Magdalena Kizior, Economic Brief N°64, mars 2021

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