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Etudes, rapports, sites web : la sélection de la semaine

La Documentation propose aux adhérents chaque mardi un bulletin de veille sur les enjeux économiques internationaux, les grandes zones et pays, les questions de politique économique, ainsi que des secteurs stratégiques.

Le document de la semaine fait la synthèse d'une publication jugée particulièrement intéressante.

Document de la semaine

Sélectionné par la Documentation, le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur d...

    Pourquoi les performances à l'exportation de la France ne s'améliorent-elles pas ? Une analyse du CEPII

    L’étonnante atonie des exportations françaises : retour sur la compétitivité et ses déterminants - CEPII, février 2019

    11/02/2019

    La persistance de médiocres performances commerciales de la France en dépit des efforts de modération du coût du travail menés ces dernières années pose question. Selon les économistes du CEPII, la France souffre d’une absence de rééquilibrage macroéconomique dans la zone euro et de "l’importance de l’investissement à l’étranger de ses grandes entreprises".

    Un Policy Paper du Cepii examine les hypothèses généralement avancées pour expliquer la mauvaise performance de la France à l'exportation. Les auteurs examinent particulièrement les déséquilibres existant au sein de la zone euro, en comparant la France avec ses trois grands partenaires : l'Allemagne, l'Italie, et l'Espagne. Ils analysent en particulier la période récente au cours de laquelle, en dépit du ralentissement de la hausse du coût du travail, les parts de marché françaises n'ont pas progressé.

    Depuis 1999, la France a davantage perdu de parts du marché à l'exportation que ses partenaires de la zone euro. Sa part dans les exportations mondiales de biens et services est passée de 5,8% en 1999 à 3,5% en 2017. Expliqué en partie par la progression de certains pays émergents dans l'économie mondiale, ce recul est bien plus marqué que celui subi par l'Allemagne ou l'Espagne sur la même période (inférieur à 10%).

    • Le coût du travail reste une explication assez pertinente malgré les efforts de modération depuis 2011

    D'une part parce que la France n'a réduit qu'une partie de l'écart creusé avec l'Allemagne (1/4 de l'écart creusé depuis 1995). D'autre part, parce que les allègements de coûts en France ont principalement concerné les bas salaires, et donc moins les entreprises exportatrices.

    L'observation sectorielle montre cependant que l'évolution des coûts salariaux unitaires dans les deux pays est proche dans l'industrie. Elle diverge dans les services mais surtout dans les secteurs abrités. La pondération par les consommations intermédiaires du secteur manufacturier révèle une divergence de coûts moins importante que ne laisse penser l'approche globale (+8 points entre 1999 et 2015 pour la France et +6 points pour l'Allemagne entre 2011 et 2015).

    L'évolution de la spécialisation française s'est éloignée de celle de l'Allemagne mais ne semble pas avoir joué de manière notablement défavorable. En 1999 la structure des exportations française était en effet assez proche de celle de l'Allemagne et plus éloignée de l'Italie et de l'Espagne. En 2016, elle est aussi proche de l'Italie que de l'Allemagne. Cependant, les marchés à l'exportation de la France n'ont pas subi de déclin spécifique. Par contre, les exportations allemandes ont davantage bénéficié de l'élargissement à l'Est que les françaises.

    • La performance française ne peut pas non plus être attribuée à la chute d'un secteur spécifique, tous les secteurs étant concernés à l'exception de l'aéronautique. Le secteur automobile explique cependant à lui seul plus du 1/3 de la divergence de trajectoire du solde commercial avec l'Allemagne.

    • Le caractère irréversible des pertes d'activités industrielles et un problème de compétitivité hors-prix ne semblent pas démontrés selon les auteurs qui citent notamment le contre exemple de l'Espagne. Ils notent par exemple que le haut niveau relatif d'investissement de la France dans certains secteurs (logiciels et base de données) ne se reflète pas dans les performances à l'export.

    • Le rôle spécifique des entreprises multinationales françaises est enfin souligné. Leurs effectifs à l'étranger sont nettement supérieurs à ceux des multinationales allemandes ou italiennes et leur chiffre d'affaires à l'étranger a augmenté deux fois plus vite dans la période récente. L'effet sur les exportations est cependant ambigüe, la part des multinationales dans les exportations françaises étant restée stable entre 2011 et 2015. L'exemple du secteur automobile illustre en tout cas une certaine dissociation entre les activités intellectuelles, maintenues sur le territoire national, et les activités de fabrication.

    L’étonnante atonie des exportations françaises : retour sur la compétitivité et ses déterminants
    CEPII, Charlotte Emlinger, Sébastien Jean & Vincent Vicard, Policy Brief N°24, février 2019

    Synthèse dans la Lettre du CEPII N°395 , janvier 2019

    Voir également :

    Le chiffre du commerce extérieur, année 2018
    Direction générale des Douanes et Droits indirects, février 2019

    Le bilan annuel des Douanes fait état d’une nouvelle dégradation du solde commercial en 2018. Cette détérioration s'explique par l’augmentation de la facture énergétique, du fait de la poursuite de la hausse des cours du pétrole. Les flux commerciaux ralentissent mais restent dynamiques, notamment à l’exportation. Selon les estimations réalisées par les Douanes, le solde commercial de la France résiste mieux que celui de ses voisins (Allemagne, Italie et Espagne) : les exportations de ces pays évoluent "de façon relativement comparable", mais leurs importations s’accroissent deux fois plus que celles de la France en 2018.

    Commerce mondial et mondialisation : McKinsey analyse les mutations en cours

    Globalization in transition: The future of trade and value chains - McKinsey Global Institute, janvier 2019

    28/01/2019

    McKinsey analyse dans son rapport " Globalization in Transition " les nouvelles tendances de la mondialisation, en particulier l'émergence de chaînes de valeur mondiales remodelées par la demande croissante et les nouvelles capacités industrielles des pays en développement, ainsi que par les nouvelles technologies.

    Pour comprendre comment le commerce, la production et la participation des pays aux chaines de valeur mondiales ont évolué entre 1995 et 2017, McKinsey Global Institute analyse 23 chaines de valeur mondiales réparties sur 43 pays et couvrant 96% du commerce mondial. Il met ainsi en évidence les mutations structurelles en cours dans la mondialisation :

    L’intensité des échanges diminue dans presque toutes les chaînes de valeur produisant des biens, bien que la production et les échanges continuent d’augmenter en valeur absolue. Entre 2007 et 2017, les exportations ont chuté de 28,1% à 22,5% de la production brute dans les chaînes de valeur de production de biens.

    Les services représentent désormais plus de valeur dans le commerce mondial que les biens. McKinsey évalue trois aspects habituellement non comptabilisés (la contribution des services à valeur ajoutée aux biens exportés, le rôle des services immatériels des grands groupes auprès de leurs filiales étrangères et les services numériques gratuits mis à la disposition des utilisateurs du monde entier). L'inclusion de ces trois canaux porterait la part de l'ensemble du commerce aux services à plus de la moitié (au lieu de 23% en moyenne dans les statistiques nationales).

    Seulement 18% du commerce mondial des biens est désormais régi par un arbitrage des coûts de main-d'œuvre. Le besoin en connaissances et en main-d’œuvre hautement qualifiée s’est intensifié, en particulier depuis la dernière décennie.

    Les chaînes de valeur produisant des biens se concentrent davantage au niveau régional (automobile, informatique et électronique notamment), en particulier en Asie et en Europe. Les entreprises établissent de plus en plus leur production à proximité de la demande.

    Trois forces expliquent ces changements dans les chaines de valeur :

    1- Un changement de la géographie de la demande mondiale, avec notamment une demande croissante en Chine et dans les pays en développement (+50% depuis 2007).

    2- L’essor des chaînes d’approvisionnement nationales en Chine et dans d’autres économies émergentes qui réduit l’intensité du commerce mondial.

    3- Les flux de données transfrontaliers et les nouvelles technologies (plateformes numériques, internet des objets, automatisation, intelligence artificielle) remodèlent les chaines de valeur mondiales et pourrait dans les prochaines décennies continuer à freiner le commerce des biens, tout en alimentant la croissance du commerce des services.

    En conclusion, face aux coûts et aux risques liés aux évolutions des échanges mondiaux, McKinsey recommande aux entreprises de réévaluer leurs décisions d’implantation, de se rapprocher de leurs consommateurs et d’envisager de nouvelles offres de services.

    Globalization in transition: The future of trade and value chains
    McKinsey Global Institute, janvier 2019

     

    Voir aussi :

    Global Value Chains: What are the Benefits and Why Do Countries Participate?
    FMI, IMF Working Paper N.9/18, janvier 2019

    Ce document examine l'incidence de leur participation à la production mondiale pour 180 pays selon leur niveau de développement, en termes de croissance économique et de convergence des revenus par habitant. La participation aux chaines mondiales de valeur a un impact positif sur le revenu par habitant, sur l'investissement et la productivité. Ces gains ne sont toutefois pas automatiques, ils concernent principalement les pays à revenus moyen-hauts ou hauts.

    Are global value chains receding? The jury is still out. Key findings from the analysis of deflated world trade in parts and components
    CEPII, Document de travail N.2019-01, janvier 2019

    Pour mieux comprendre l'évolution des chaines de valeur mondiales, les auteurs construisent un nouvel indicateur. Il montre une croissance modérée des chaines de valeur mondiales au cours de la période 2000-2016. Dans le secteur de l’électronique, où les chaînes de valeur mondiales sont particulièrement développées, la part du commerce des CVM dans le secteur des matériels de bureau et des ordinateurs a diminué, tandis qu’elle a augmenté dans le cas des équipements de télécommunication, l’industrie phare de la révolution informatique. En outre, le nombre de clients ou de fournisseurs par étape de production indique une diversité géographique plus importante et croissante des chaines de valeur.

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