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Etudes, rapports, sites web : la sélection de la semaine

La Documentation propose aux adhérents chaque mardi un bulletin de veille sur les enjeux économiques internationaux, les grandes zones et pays, les questions de politique économique, ainsi que des secteurs stratégiques.

Le document de la semaine fait la synthèse d'une publication jugée particulièrement intéressante.

Document de la semaine

Sélectionné par la Documentation, le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur d...

    L’impact du vieillissement de la population sur les taux d’intérêt et le prix des logements (Banque de France)

    Les impacts macroéconomiques du vieillissement de la population – Banque de France, 18 juin 2019

    24/06/2019

    Selon les estimations de la Banque de France, le vieillissement de la population dans les économies avancées expliquerait en grande partie la baisse des taux d’intérêt réels, ainsi que la hausse des prix des logements et de l’endettement des ménages observées depuis les années 1980. Ces tendances devraient se poursuivre à long terme.

    La population des pays avancés vieillit rapidement. Le taux de dépendance des personnes âgées y atteindrait 55% à l’horizon 2100 selon les Nations Unies. À l’aide d’un modèle calibré à générations imbriquées, la Banque de France évalue pour 23 économies avancées l’impact des évolutions démographiques sur les taux d’intérêt réels, les prix des logements et l’endettement des ménages :

    - "Plus de la moitié de la baisse du taux d'intérêt naturel observée depuis les années 80 peut être expliquée par le vieillissement de la population". Cette tendance à la baisse des taux d’intérêt devrait se poursuivre au-delà de 2030. Selon les calculs de la Banque de France, le taux d’intérêt annuel a baissé de 157 points de base (pb) entre 1980 et 2015 et une diminution supplémentaire de 76 pb est à prévoir d’ici à 2100.

    Pour deux raisons principales : d’une part les ménages anticipent un allongement de leur durée de vie et de la durée de leur retraite. D’autre part, avec la diminution de la natalité et l’accroissement de la longévité, les personnées âgées représentent une part croissante de la population. Ces deux évolutions entraînent une hausse du niveau de l’épargne agrégée rapportée au PIB. "Pour que le marché des capitaux reste équilibré malgré cette augmentation de l’offre de capitaux, le taux d’intérêt diminue".

    - Hausse du prix des logements. Plus les taux d'intérêt sont bas, plus le coût d'acquisition d'un logement baisse. Cela entraîne une hausse de la demande de logement et contribue donc à l'augmentation des prix.

    - Conséquence de cette tendance, le taux d'endettement des ménages augmente également. En effet, les jeunes ménages doivent emprunter davantage pour acquérir des logements plus chers. Ils y sont en outre incités par la baisse du taux d’intérêt.

    - Le vieillissement explique 20% des variations d’un pays à l’autre concernant leur position extérieure nette rapportée au PIB. Il a en effet des implications sur les flux de capitaux, variables selon le rythme de vieillissement. La position extérieure nette des pays qui vieillissent relativement lentement, comme les États-Unis ou l’Australie, augmentera. A l’inverse, l’Allemagne, qui vieillit plus vite que la moyenne des pays avancés étudiés, verrait sa position extérieure reculer.

    Les impacts macroéconomiques du vieillissement de la population
    Banque de France, Noëmie LISACK, Rana SAJEDI, Gregory THWAITES, Bulletin de la Banque de France N°223-2, juin 2019

    Voir également :

    World Population Prospects 2019
    Nations Unies, juin 2019

    La population mondiale vieillit, le groupe des 65 ans et plus croissant le plus rapidement.

    Selon la dernière révision des projections de l'ONU, d'ici 2050, une personne sur six dans le monde aura plus de 65 ans (16%), contre une sur onze en 2019 (9%). Ce serait une personne sur quatre en Europe et Amérique du Nord. Conséquence : la baisse de la proportion de la population en âge de travailler exercera une forte pression sur le financement des systèmes de protection sociale. Le ratio de soutien potentiel, qui compare le nombre de personnes en âge de travailler à celles de plus de 65 ans, diminue dans le monde entier. D'ici 2050, 48 pays, principalement d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Asie de l'Est et du Sud-Est, devraient avoir des ratios de soutien potentiels inférieurs à 2.

    L’investissement international, en panne, devrait légèrement repartir en 2019 (CNUCED)

    World Investment Report – CNUCED, juin 2019

    17/06/2019

    Pour la troisième année de suite, les investissements directs étrangers mondiaux sont en baisse en 2018, selon la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement. En cause : les tensions commerciales et le contrôle plus strict des investissements étrangers, et plus ponctuellement les réformes fiscales américaines de 2017. Les IDE devraient légèrement rebondir en 2019 dans les économies avancées.

    World Investment Report – Special Economic Zones CNUCED, 12 juin 2019

    • Les investissements directs étrangers (IDE) mondiaux sont en baisse pour la troisième année consécutive.

    Ils ont reculé de 13% en 2018, tombant à 1300 Mrds$, contre 1500 Mrds en 2017 selon le Rapport sur l’investissement dans le monde de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced).

    - Les pays développés ont été les plus touchés avec une baisse de 25% des IDE (557 Mrds$ en 2018), qui retombent au niveau de 2004. Les investissements à destination de l’Europe ont chuté de moitié à 172 Mrds$. Cette contraction, selon la Cnuced, est largement due à la réforme fiscale adoptée en 2017 par l’administration Trump, qui a incité les multinationales américaines à rapatrier leurs bénéfices.

    - Les flux à destination des pays en développement et émergents ont bien résisté (+2%), Ils ont représenté 54% des flux mondiaux, contre 46% en 2017 (et à peine plus d’un tiers avant la crise financière). Les IDE ont progressé de près de 4% en Asie qui reste la première destination mondiale (39% des IDE) et de 11% en Afrique. Ils reculent par contre de 6% en Amérique latine et de moitié en Russie.

    - Les États-Unis restent le plus grand pays d’accueil des IDE (malgré un fléchissement de 9% des flux entrants), suivis par la Chine, Hong Kong et Singapour. En revanche, ils ne figurent pas dans la liste des 20 premiers investisseurs. Le Japon, désormais premier investisseur extérieur, est suivi par la Chine et la France.

    • La croissance tendancielle des IDE mondiaux est anémique depuis 2008.

    Les investissements directs n’ont progressé en moyenne que de 1% par an depuis 2008, contre 8% entre 2000 et 2007 et plus de 20% avant 2000. Cette tendance à la stagnation serait due à des facteurs tels que le ralentissement économique, la baisse des taux de rendement des IDE, ou le développement de formes d’investissement sans participation au capital (redevances, droits de licence, commerce des services). Le ralentissement des IDE est également dû à la hausse du contrôle des investissements étrangers: au moins 24 pays, pesant pour 56% des stocks d’investissements mondiaux, sont désormais dotés de mécanismes de ce type de contrôle.

    • La Cnuced prévoit une légère reprise des IDE en 2019.

    Les flux d’IDE vers les pays développés devraient repartir à la hausse en 2019 lorsque les effets des réformes fiscales américaines se seront estompés. Mais cette hausse devrait rester modeste, bridée par les risques géopolitiques et de guerre commerciale.

    World Investment Report 2019 – Special Economic Zones
    CNUCED, 12 juin 2019

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