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Etudes, rapports, sites web : la sélection de la semaine

La Documentation propose aux adhérents chaque mardi un bulletin de veille sur les enjeux économiques internationaux, les grandes zones et pays, les questions de politique économique, ainsi que des secteurs stratégiques.

Le document de la semaine fait la synthèse d'une publication jugée particulièrement intéressante.

Document de la semaine

Sélectionné par la Documentation, le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur d...

    Productivité et compétitivité : le Conseil national de productivité analyse les faiblesses françaises au sein de la zone euro

    Productivité et compétitivité : où en est la France dans la zone euro ? - Conseil national de productivité, avril 2019

    23/04/2019

    Le premier rapport du Conseil national de productivité (CNP), examine les raisons du ralentissement de la productivité dans les pays industrialisés, notamment en France. A l'occasion de son analyse des déterminants de la compétitivité française, le CNP montre que le déficit courant de la France illustre les faiblesses de la compétitivité française mais aussi plus globalement d'importants déséquilibres en zone euro.

    Le Conseil national de productivité établit dans un premier temps que productivité et compétitivité sont deux concepts distincts avec des implications très différentes, en particulier dans un contexte d’union monétaire.

    Principale source de croissance, les gains de productivité ralentissent dans tous les pays développés, sous l’effet de plusieurs facteurs : renforcement du poids des services, dont les gains de productivité sont moindres que dans l’industrie, baisse de la contribution des TIC à la croissance, divergence de la productivité au niveau des entreprises (mauvaise allocation des ressources), etc.

    Si la France conserve un niveau élevé de productivité, "semblable à celui de l’Allemagne", elle est pénalisée par des caractéristiques spécifiques qui peuvent expliquer un ralentissement plus marqué :
    • l’insuffisance du niveau et de l’adéquation des compétences, ainsi que de la qualité du management.
    • Une dispersion des niveaux de productivité plus grande au sein des services peu qualifiés, abrités de la concurrence internationale.
    • Une automatisation et une diffusion du numérique insuffisantes dans les entreprises.
    • Des contraintes réglementaires plus lourdes.
    • Un rendement déficient de la R&D malgré une bonne position en matière d’innovation.

    Au chapitre de la compétitivité, le CNP souligne que la balance courante de la France, certes la plus négative des grands pays de la zone euro, reste faiblement déficitaire. Le CNP rappelle en revanche que l'excédent allemand contribue massivement à l'excédent courant de la zone euro.

    • La compétitivité française, mesurée à l’aune de la balance courante, a connu une dégradation au début des années 2000 et s'est stabilisée autour de -1% depuis 2010. Si le déficit courant de la France est limité, il masque cependant un déficit commercial important, compensé en partie par un excédent des revenus primaires (revenus nets des investissements à l’étranger).

    • Les différences de coûts de production entre la France et les pays européens ne permettent plus d’expliquer la dégradation de la balance commerciale. En effet les différences de coûts de production entre la France et les pays européens se sont stabilisées : depuis la crise, les coûts salariaux unitaires convergent en zone euro (sauf l’Italie). La France se distingue certes par des impôts sur la production élevés, mais les coûts du capital ou des consommations intermédiaires ne semblent pas en cause. En réalité, selon le CNP, c’est surtout "la compétitivité hors-prix qui expliquerait le différentiel de performance de la France avec ses partenaires de la zone euro".

    • Le CNP considère enfin que le développement d’un excédent courant en zone euro depuis la crise masque des déséquilibres importants, en particulier l’excédent de l’Allemagne de 7,3% du PIB (en 2017). Dans une union monétaire, en l’absence de taux de change, le mécanisme d’ajustement normal requiert une inflation plus élevée dans les pays excédentaires. Or les écarts actuels d’inflation ne permettent pas un ajustement suffisant. Ces déséquilibres, conclue le CNP, aggravent la vulnérabilité des pays à fort endettement extérieur, et menacent l’intégrité de la zone euro.

    Productivité et compétitivité : où en est la France dans la zone euro ?
    Conseil national de productivité, Philippe Martin, avril 2019
    Ce rapport préliminaire ouvre une phase de consultations jusqu'au 16 mai 2019, au terme de laquelle une version finale sera publiée.

    L’OCDE s’inquiète de la fragilisation des classes moyennes

    Sous pression: la classe moyenne en perte de vitesse – Ocde, avril 2019

    15/04/2019

    L’Ocde examine les multiples pressions exercées sur la classe moyenne ces dernières décennies. Même si les disparités sont importantes entre les pays membres, la classe moyenne s'est rétrécie presque partout ces 30 dernières années et les revenus intermédiaires ont eu tendance à stagner alors qu'un ensemble de dépenses contraintes progressaient plus vite que l'inflation : une situation porteuse de risques socioéconomiques et politiques.

    L’Ocde a analysé l'évolution sur trois décennies de la situation des ménages à revenu intermédiaire au regard de divers indicateurs sociaux et économiques : emploi, consommation, patrimoine et dette, ainsi que les perceptions et les attitudes sociales.

    La "classe moyenne" (les ménages gagnant entre 75% et 200% du revenu médian) a vu sa part reculer de 64% en 1985 à 61% des ménages en 2015 en moyenne dans les pays de l’Ocde. La France est avec l’Irlande le seul pays de l’Ocde qui a vu le poids de sa classe moyenne progresser depuis 1985 (68% de la population). En 2015, la part de la classe moyenne varie fortement, de 50% environ aux Etats-Unis ou au Mexique à environ 70% dans les pays nordiques.

    Les classes moyennes "sous pression", selon l’Ocde :

    • Leurs revenus ont à peine progressé, tant en termes relatifs qu’absolus dans la plupart des pays. Ces 10 dernières années, la croissance du revenu médian a été moindre d’un tiers par rapport au revenu moyen des 10% les plus riches.

    • Les dépenses de logement, de santé et d'éducation ont augmenté rapidement. Le coût du logement a progressé trois fois plus vite que le revenu médian sur les trois dernières décennies. Les situations sont variables selon les pays : en France, si le coût du logement pénalise le budget des classes moyennes, les dépenses de santé ou d’éducation n’ont pas augmenté plus vite que leurs revenus.

    • Les classes moyennes sont très exposées aux transformations du marché du travail et à l'insécurité de l'emploi. La technologie a conduit et conduira à l'automatisation de certains emplois moyennement qualifiés (1 sur 6 sera concerné) qui étaient occupés par des ouvriers ou employés de la classe moyenne.

    • Un niveau de compétences plus élevé est désormais nécessaire pour faire partie de la catégorie des travailleurs à revenus intermédiaires : près de la moitié occupent aujourd’hui des emplois hautement qualifiés, comparativement à un tiers il y a 20 ans.

    Les classes moyennes ont vu leur capacité d'épargne se réduire et se sont souvent endettées pour maintenir leur niveau de vie. Le risque de basculement dans la catégorie des revenus inférieurs s’est accentué. Et les chances de faire partie de la classe moyenne "ont diminué pour les jeunes et les personnes peu ou moyennement qualifiées".

    Or, selon l’Ocde, une classe moyenne forte est un facteur de prospérité économique (stimulation de la consommation et des investissements dans l’éducation, la santé et le logement, financement de la protection sociale par leurs impôts), de stabilité politique et de confiance sociale. Par conséquent, les sentiments d’injustice, de perte de pouvoir d’achat et de perspectives incertaines de la classe moyenne alimentent les risques socioéconomiques et politiques. D’où la nécessité de protéger leur niveau de vie, en particulier celui des personnes à revenu intermédiaire inférieur.

    Under Pressure: The Squeezed Middle Class
    OCDE, avril 2019

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