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Veille documentaire

Etudes, rapports, sources: la sélection de la semaine

image Markus Winkler on Unsplash

Le service Info-Doc de Rexecode propose exclusivement aux adhérents chaque début de semaine un bulletin de veille sur les enjeux économiques internationaux, les grandes zones et pays, les questions de politique économique, ainsi que des secteurs stratégiques.

Le document de la semaine, en accès libre, fait la synthèse d'une publication jugée particulièrement intéressante.

Document de la semaine

Sélectionné par la service Info-Doc de Rexecode, le Document de la semaine met en avant une publication présente dans le bulletin de veille heb...

    Climat : l'Europe doit doubler ses investissements pour atteindre ses objectifs 2030 (I4CE)

    European Climate Investment Deficit Report - An investment pathway for Europe’s future - I4CE, 21 février 2024

    27/02/2024

    Les investissements en faveur du climat ont augmenté de 9% dans l’Union européenne en 2022 dans les secteurs de l’énergie, du transport et du bâtiment, estime un rapport de l’institut I4CE. Il faudra encore les doubler pour que l’UE atteigne ses objectifs de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. Cette estimation ne prend pas en compte des secteurs clés comme l’industrie ou l’agriculture.

    Un rapport de l’Institut I4CE évalue les besoins d’investissements publics et privés de l’Europe (EU27) dans 22 secteurs clés pour la transformation des systèmes énergétiques, des bâtiments et du transport.

    Les investissements dans ces secteurs ont augmenté de 9% entre 2021 et 2022, atteignant 407 milliards d’euros en 2022, soit 2,6% du PIB de l’UE.

    Ces investissements européens varient fortement selon les secteurs. En 2022, seuls, l’hydroélectricité et le stockage électrique en batterie, présentent un surplus d’investissements climat, les autres secteurs étant en déficit par rapport aux besoins*. Ainsi les investissements dans les panneaux solaires ont augmenté de manière significative (+23% par rapport à 2021). Ils ont doublé en deux ans dans les pompes à chaleur et triplé dans le stockage d'énergie entre 2021 et 2022. En revanche, dans l’énergie éolienne, ces investissements se sont "effondrés" en 2022 (-52% par rapport à 2021), touchant un point bas depuis 2009.

    Selon I4CE, l’économie européenne devra doubler son niveau d’investissement climat pour atteindre les objectifs climatiques de l’UE pour 2030.

    Les auteurs comparent les niveaux d’investissement de 2022 avec les niveaux d’investissement nécessaires chaque année pour atteindre les objectifs de l’UE pour 2030 (baisse de 55 % des émissions de gaz à effet de serre en 2030 par rapport au niveau de 1990) dans chacun des 22 secteurs couverts.

    Le besoin d’investissement annuel moyen global s'élève à au moins 813 milliards d’euros, soit 5,1% du PIB de l’UE. Les investissements ayant atteint 407 milliards d’euros en 2022, le déficit d’investissement européen dans le domaine du climat s’élève à 406 milliards d’euros par an, soit 2,6% du PIB. En comparaison, les subventions explicites et implicites aux combustibles fossiles dans l’UE ont augmenté et ont atteint 290 milliards d’euros en 2022 selon le FMI.

    L’I4CE plaide pour une analyse plus fine et plus complète des besoins d’investissement. Plus fine, car une analyse à l’échelle nationale ou régionale permettrait de mieux cibler les besoins d’investissements selon les pays. Plus complète, car en raison d’un manque d’accès à des données fiables, des secteurs clés comme l’industrie ou l’agriculture ne sont pas couverts par ce rapport.

    * Le déficit d'investissement climatique correspond à la différence entre les besoins moyens d’investissements annuels pour que l'UE atteigne ses objectifs à l'horizon 2030 et les investissements réalisés en 2022.

    Synthèse par la Doc de Rexecode, accès au document par le lien ci-dessous.

    European Climate Investment Deficit Report - An investment pathway for Europe’s future
    I4CE - Clara CALIPEL, Thomas PELLERIN-CARLIN, 21 février 2024

    Voir aussi :

    Le Pacte vert européen – Un bilan
    TERRA NOVA - Ophélie RISLER, février 2024

    Après un rappel historique de la construction du Pacte vert européen, annoncé en décembre 2019, la note fait une présentation non exhaustive des "textes, paquets et stratégies du Green Deal", pour faire le point sur son ambition, ses acquis législatifs, et "y voir plus clair dans son architecture".

    L’ impact de la crise énergétique sur la santé financière des TPE-PME en France aurait été limité (Conseil d’analyse économique)

    Les TPE-PME françaises face au choc énergétique : les enseignements des données bancaires – Conseil d’analyse économique, 6 février 2024

    13/02/2024

    Le Conseil d’analyse économique observe dans une note que la forte des hausses des prix de l’énergie depuis l’automne 2021 a eu un faible impact direct sur les TPE-PME dans leur ensemble, ces dernières ayant été protégées notamment par le bouclier tarifaire, leur capacité d’adaptation, ou la répercussion totale de la hausse des prix dans les prix de vente. La situation financière d’une partie d’entre elles est néanmoins fragilisée.

    Une note du Conseil d’analyse économique évalue l’impact de la hausse brutale des prix de l’énergie à partir de l’automne 2021 sur les entreprises françaises, en particulier sur le tissu économique des petites et moyennes entreprises (TPE-PME). Elle examine les effets sur leur situation financière à partir des données bancaires du Crédit Mutuel Alliance Fédérale, "qui correspondent à un échantillon très représentatif du tissu des TPE et des PME".

    Le CAE estime qu'en moyenne, la hausse des dépenses d’énergie pour les TPE-PME a été de 73% entre 2020 et 2023 (25% en 2021, 29% en 2022, 7% en 2023), mais avec une importante hétérogénéité entre entreprises, selon l’échéance des contrats qui les liaient à leurs fournisseurs, leur éligibilité au bouclier tarifaire, et le mix énergétique de chaque secteur (le secteur des transports ou de la construction ont par exemple davantage pâti de la hausse des carburants, celui de la restauration de la hausse des prix de l’électricité).

    Si la situation financière des entreprises s'est légèrement dégradée entre l’automne 2021 et l’hiver 2022, l'effet direct de la hausse des prix de l’énergie sur le tissu des TPE/PME reste faible, en raison de plusieurs facteurs :

    • leur "très faible" exposition énergétique – autrement dit, le rapport entre les dépenses d’énergie et le chiffre d’affaires de l’entreprise, un indicateur qui permet de mesurer le risque face aux variations brutales des prix de l'énergie ;

    • "leur protection via différents dispositifs (bouclier tarifaire, mesures d’amortisseur ou de plafonnement, etc.)" ;

    • la capacité d’adaptation des entreprises, qui ont ajusté leur production ou amélioré leur efficacité énergétique ;

    • une répercussion totale de la hausse des prix de l’énergie dans les prix de vente.

    Pour une partie des entreprises, au vu de leurs encours bancaires et du nombre d’interventions bancaires, la situation financière est néanmoins fragilisée, "sans doute du fait de l’effet général et diffus de la hausse des coûts des intrants dans l'ensemble de la chaîne de production".

    Synthèse par la Doc de Rexecode, accès au document par le lien ci-dessous.

    Les TPE-PME françaises face au choc énergétique : les enseignements des données bancaires
    Conseil d'analyse économique - Basile BLANC, Marylou COLOMBET, Camille LANDAIS, Hélène PARIS, Ariane SALEM, Focus N°104, 6 février 2024

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