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Sélectionné par la Documentation, le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur des questions de politique économique. Il s'agit d'un travail de synthèse documentaire totalement distinct des analyses des économistes de Rexecode.

Quel impact du choc énergétique sur la compétitivité-prix de l'industrie européenne ? (Allianz Trade)

No, the energy shock in Europe does not mean de-industrialization – Allianz Trade – 24 janvier 2023

30/01/2023

Dans une note, les économistes d’Allianz Trade estiment que la forte hausse des prix de l’énergie qui touche particulièrement l’Europe pourrait peser davantage sur ses entreprises industrielles en 2023 qu’en 2022, par le biais principalement de son impact sur leur rentabilité et leur capacité d’investissement. Par contre, étant donné la part assez faible de l’énergie dans les coûts de production industriels, le rapport de compétitivité-prix entre les industries européennes et américaines n’en serait pas profondément bouleversé. Depuis 2021, les pertes de parts de marché des européens profitent d'abord à d'autres pays exportateurs.

No, the energy shock in Europe does not mean de-industrialization, Allianz Trade (janv 2023)

Selon une note d’Allianz Trade évaluant l’impact du choc énergétique, "le grand choc des prix de l'énergie est toujours à venir pour les entreprises européennes". Si les hausses des prix de l’énergie ont été contenues en 2022 pour les entreprises grâce aux mesures de soutien gouvernementales, elles devraient accélérer en 2023 (par exemple pour l’électricité, +35% environ en Allemagne par rapport à 2021, +45% pour la France +80% en Italie et en Espagne).

Mais l'écart des prix de l'énergie entre l'Europe et les Etats-Unis ne change pas la donne en termes de compétitivité-prix de leurs industries respectives, estiment les auteurs, car la consommation d'énergie représente généralement une part modeste (environ 1 à 1,5%) du coût de la production du secteur manufacturier. A l’inverse la compétitivité-prix est beaucoup plus sensible aux variations du coût du travail et du taux de change.

Ainsi, un creusement de l'écart de prix de l'électricité entre les États-Unis et l'Europe entre 2021 et 2023 conduirait à des pertes généralement modestes de production et d'emplois manufacturiers, sauf pour l’Espagne et dans une moindre mesure l’Italie, selon les simulations sectorielles présentées par Allianz à titre illustratif (supposant une hausse de prix de l'électricité industrielle non atténuée, d'environ +75% en Allemagne, +90-100% au Royaume-Uni et en France et +170-180% en Espagne et en Italie).

Depuis 2021, les exportateurs européens ont bien perdu des parts de marché au sein des importations de l’UE-15 sur certains secteurs, mais pas au profit des Etats-Unis. Dans les secteurs ayant connu des changements dans les pays fournisseurs, l'agroalimentaire, les machines et équipements électriques, les métaux et les transports, ce sont principalement les exportateurs européens qui ont perdu des parts de marché au profit de pays asiatiques, du Moyen-Orient et de l'Afrique et de quelques pays européens (par exemple les Pays-Bas, la Pologne et la France pour l’agroalimentaire, la Pologne dans les transports).

Le principal canal direct de la crise énergétique passe par son impact sur la rentabilité et l'investissement des entreprises: le choc énergétique réduirait la profitabilité des entreprises d'environ -1% à -1,5%, et le taux d'investissement d'environ -1% à -2% (-1,2% au Royaume-Uni, -1,7% en France, -2,1% en Espagne, soit, en termes monétaires, 25 milliards de livres sterling de pertes d'investissement au Royaume-Uni, 40 milliards d'euros en France et 25 milliards en Espagne).

Synthèse réalisée par la Documentation de Rexecode, lien ci-dessous pour accéder au document.

No, the energy shock in Europe does not mean de-industrialization
ALLIANZ TRADE – 24 janvier 2023

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