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Sélectionné par la Documentation, le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur des questions de politique économique. Il s'agit d'un travail de synthèse documentaire totalement distinct des analyses des économistes de Rexecode.

L'industrie française investit-elle vraiment dans le numérique davantage que les autres pays ? (Fabrique de l'Industrie et Ofce)

À la recherche de l’immatériel : comprendre l’investissement de l’industrie française - La Fabrique de l’Industrie et OFCE, décembre 2019

09/12/2019

Les entreprises industrielles françaises investiraient environ 2 milliards d'euros de plus chaque année dans les actifs incorporels que leurs concurrentes européennes. Sans que cela n’ait d’incidence notable sur les performances économiques de la France. La Fabrique de l’Industrie, avec l’Ofce, cherche à comprendre plus précisément "la nature et l’ampleur de l’investissement immatériel de l’industrie française".

Le taux d’investissement immatériel (logiciels, bases de données, R&D, propriété intellectuelle, etc.) des industriels français est plus élevé que celui de ses homologues européens, dans tous les secteurs manufacturiers. L’industrie française investit ainsi 25% de sa valeur ajoutée contre 19% en Allemagne. Pourtant, cela ne se traduit pas par une amélioration de la compétitivité française.

Pour "comprendre l’investissement immatériel des industries françaises", une étude conjointe de la Fabrique de l’Industrie et de l’Ofce analyse les raisons de l'écart, chiffré entre 6,7 et 8,5 milliards d’euros annuels, entre les investissements immatériels de l’industrie française et la moyenne des autres pays étudiés (Allemagne, Espagne, États-Unis, Italie, Pays-Bas, Suède et Royaume-Uni).

Les auteurs montrent que cela découle principalement de pratiques de comptabilisation différentes entre les instituts statistiques nationaux. Malgré cet écart de nature comptable, les dépenses immatérielles en intrants informatiques (investissement + consommations intermédiaires) demeurent comparativement un peu plus élevées dans l’industrie française, avec un surinvestissement relatif estimé à un peu plus de 2 Mrds€/an.

En se basant sur les données issues de la comptabilité des entreprises, le tableau est légèrement différent.

Si les données d'entreprises confirment le haut niveau de l’investissement immatériel, elles relativisent la forte augmentation depuis 2005 qui apparait dans la comptabilité nationale.

• Elles révèlent en outre l’importante disparité de l’investissement immatériel, très concentré dans "une poignée" de grandes entreprises appartenant à un groupe, très présentes à l’international, dont les investissements matériels sont élevés. Cela est particulièrement le cas dans trois secteurs (produits informatiques, électroniques, optiques et électriques - machines et équipements - matériels de transport) qui concentrent 62% des investissements immatériels de l’industrie française.

Les auteurs concluent qu’un tel niveau de concentration suggère que la numérisation des entreprises françaises n’en est encore qu’à ses débuts et que l’effort d’investissement incorporel doit s’étendre à davantage d’entreprises. Mais ils écartent l’hypothèse, "faute d’arguments" selon laquelle les grands groupes français auraient davantage délocalisé leur production.

À la recherche de l’immatériel : comprendre l’investissement de l’industrie française
La Fabrique de l’Industrie et OFCE - Sarah GUILLOU, Caroline MINI - Les Notes de la Fabrique, décembre 2019

L'investissement immatériel de l'industrie décrypté
Fabrique de l'Industrie - Synthèse de la Fabrique N°28, décembre 2019

Voir aussi :

L'Insee souligne dans l'édition 2019 des "Entreprises en France" que la définition économique de l’entreprise issue de la loi de modernisation de l’économie de 2008 renouvelle en partie la photographie du tissu productif français. Il apparaît plus concentré, avec notamment une contribution accrue des grandes entreprises et un renforcement du poids économique de l’industrie notamment : +3 points en termes d’effectifs salariés et de valeur ajoutée, +6 points en termes de chiffre d’affaires à l’exportation. Les indicateurs de performance des entreprises sont également modifiés : dans l’industrie, le taux de marge et le taux d’investissement sont abaissés (respectivement –1,3 point et –1,4 point), mais son taux d’exportation est rehaussé (+3,5 points) et la capacité à financer l’investissement est nettement supérieur (+ 33,2 points).

Dans Les entreprises en France, édition 2019 - INSEE, décembre 2019

Photographie du tissu productif en 2017

De la définition juridique à la définition économique de l’entreprise : méthode et mode d’emploi

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