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Sélectionné par la Documentation, le Document de la semaine met en avant une publication du bulletin de veille hebdomadaire, généralement sur des questions de politique économique. Il s'agit d'un travail de synthèse documentaire totalement distinct des analyses des économistes de Rexecode.

Le FMI abaisse légèrement ses prévisions de croissance mondiale pour 2021

Perspectives de l’économie mondiale – FMI, octobre 2021

18/10/2021

Le FMI revoit légèrement à la baisse ses prévisions de croissance économique mondiale pour 2021 (-0,1 point). Cette révision modeste masque d’importantes dégradations pour certains pays, notamment pour le groupe des pays en développement à bas revenus. Les pays avancés retrouveraient leur trajectoire d’avant la pandémie d’ici à 2022, mais à court terme, leur croissance est freinée par les perturbations dans les chaînes d’approvisionnement.

FMI WEO couverture

Dans ses dernières perspectives mondiales, le FMI revoit légèrement à la baisse ses prévisions de croissance (-0,1 point) pour 2021 en raison de la dégradation (1) de la situation dans les pays avancés (en partie due à des ruptures d’approvisionnement), (2) de la situation sanitaire dans certains pays en développement. La croissance de l’économie mondiale est attendue à 5,9% en 2021 et 4,9% en 2022. Après 2022, la croissance mondiale serait plus modérée pour s’établir à environ 3,3% en 2026.

La "dangereuse divergence des perspectives économiques entre les pays reste une préoccupation majeure".
La production du groupe des pays avancés devrait retrouver sa trajectoire d’avant la pandémie en 2022 et la dépasser de 0,9% en 2024. Autrement dit, leur production serait alors "supérieure à celle prévue dans les projections à moyen terme établies avant la pandémie". En revanche, la production du groupe des pays émergents et des pays en développement (hors Chine) devrait rester inférieure de 5,5% en 2024 au niveau attendu dans les prévisions pré-Covid. Pour la Chine, l’écart serait de -2,1%.

Cette divergence résulte de la "Grande Fracture vaccinale" (96% de la population des pays à faible revenu n'est pas vaccinée, 64% dans les pays émergents), et de fortes disparités dans l’ampleur des soutiens publics, notamment dans les mesures destinées à augmenter la production potentielle. L’insuffisante couverture vaccinale mondiale constitue un risque exploré dans un scénario de Covid endémique, avec un impact prolongé à moyen terme. Dans ce scénario, le PIB mondial serait inférieur de 5,3 milliards de dollars cumulés au cours des cinq prochaines années par rapport à la projection actuelle.

Les pressions sur les prix devraient, pour la plupart, s’atténuer en 2022 (voir Ch2) mais persister sur les prix alimentaires dans certains pays en développement et émergents. Les risques d’inflation restent orientés à la hausse et "pourraient se concrétiser si les inadéquations entre l’offre et la demande dues à la pandémie se poursuivent plus longtemps que prévu".

En France, la croissance atteindrait 6,3% du PIB en 2021 puis 3,9% en 2022. Le déficit rapporté au PIB serait selon le FMI de -7,5% en 2021, -4,6% en 2022 et -3,4% en 2026. La dette publique s’élèverait à 116,9% en 2026, après une légère baisse en 2022, à 113,5%.

World Economic Outlook: Recovery during a Pandemic
FMI, octobre 2021

Une reprise entravée et des lignes de fracture persistantes
Blog du FMI - Gita Gopinath, 12 octobre 2021

 

Voir aussi :

Inflation scares
FMI - World Economic Outlook, ch.2, octobre 2021

La pandémie de Covid puis la reprise ont a déclenché de fortes fluctuations des prix dans certains secteurs. Le FMI privilégie le scénario d'une inflation plus soutenue dans les prochains mois (jusqu'à 3,6% dans les pays avancés, 6,8% dans les pays émergents) puis, à compter de mi-2022, un retour aux niveaux pré-Covid. Mais des risques d’accélération persistent.

Les simulations de plusieurs scénarios de risques extrêmes montrent que les prix pourraient accélérer nettement en cas de perturbation continue des chaînes d’approvisionnement, de fortes fluctuations des cours des produits de base et de désancrage des anticipations d’inflation. Ces dernières ne semblent pas avoir été affectées par la crise mais, par le passé, des épisodes de désancrage et de spirale inflationniste sont associés à de fortes dépréciations des taux de change dans les pays émergents et à une brusque montée des déficits budgétaires et courants. À plus long terme, la relance par la dépense publique et les chocs externes pourraient aussi contribuer à ce désancrage.

Global Financial Stability Report - COVID-19, Crypto, and Climate: Navigating Challenging Transitions
FMI, octobre 2021

Fiscal Monitor - Strengthening the Credibility of Public Finances
FMI, octobre 2021

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Etudes pour le débat public