Focus
Perspectives économiques à moyen terme
L'enquête Bpi France/Rexecode du 1er trimestre 2025, menée courant février auprès des dirigeants de PME et TPE, montre une stabilisation de la trésorerie à un bas niveau, sans perspective de redressement ces prochains mois. L'insuffisance de la demande reste de loin le premier frein à la croissance citée par 60% des dirigeants. Ils sont par ailleurs de plus en plus nombreux à redouter les effets de l'incertitude politique et à annuler leurs projets d'investissement et d'embauche. Un second focus montre que plus de 7 dirigeants sur 10 jugent la complexité administrative coûteuse pour leur entreprise.
Les réponses apportées par les chefs d’entreprise au questionnaire transmis par Bpifrance et Rexecode ont été collectées entre le 3 et le 14 février 2025. Plus de 1300 réponses ont été recueillies.
• L'érosion de la trésorerie des TPE/PME s'interrompt ce 1er trimestre 2025 mais les dirigeants ne prévoient pas de redressement dans les prochains mois. 34% des TPE-PME jugent leur situation de trésorerie difficile (+1 point). Les conditions d’accès au crédit de trésorerie se stabilisent après s’être durcies en fin d’année dernière.
• L'insuffisance de la demande (actuelle et future) exerce toujours un frein puissant sur la croissance des PME/TPE. Elle est citée par 60% des dirigeants de PME/TPE, une proportion stable à un niveau record (hors période Covid). À l’inverse, les difficultés de recrutement sont de moins en moins contraignantes pour l’activité, citées par 37% des dirigeants (−7 points sur le trimestre). Les tensions sur les approvisionnements se relâchent (40% des dirigeants déclarent en rencontrer, −8 points sur le trimestre).
Le climat d'incertitude politique pèse de plus en plus sur l''activité des PME et TPE et sur leurs projets d'investissement et d'embauche
• L'effet du climat d’incertitude politique sur leur activité inquiète de plus en plus les chefs de petites et moyennes entreprises. 61% d’entre eux estiment que l'incertitude politique a un impact fort sur l’activité de leur entreprise, une proportion en hausse de 5 points par rapport à l’enquête d’octobre 2024 et de 10 points par rapport à celle d’août 2024.
Dans ce contexte, les dirigeants sont de plus en plus nombreux à prévoir l’annulation des projets d’embauches (27%, +8 points sur le trimestre) et d'investissement (26%, +5 points). Seule une minorité envisage de les maintenir (respectivement 39% et 35%). Ces proportions sont relativement proches de celles observées en avril 2020, lors de la crise sanitaire, à la fin du premier confinement.
• Les budgets d'investissement sur l'année 2025 sont revus en baisse alors que les difficultés d’accès au crédit d’investissement progressent sur un an. Ces difficultés s'ajoutant à un contexte économique et politique peu porteur, la proportion de dirigeants prévoyant d’investir se redresse certes ce trimestre à 47% pour 2025 après 43% fin octobre pour l’année 2024, mais elle est inférieure de 4 points à la proportion atteinte un an plus tôt, au 1er trimestre 2024. Les montants investis fléchissent: seuls 16% des dirigeants envisagent les augmenter quand 41% anticipent de les réduire.
Les TPE-PME revoient leur priorité même si le renouvellement d’équipements reste, de loin, la principale destination des investissements. Mais l’investissement à fin de modernisation et/ou d’extension des capacités de production fléchit à nouveau. Le motif environnemental se redresse (cité par 39% des PME/TPE) se redresse en revanche.
Les démarches administratives jugées complexes et coûteuses par les chefs d'entreprises. Leurs pistes: simplifier les formulaires, réduire les délais de réponse et l'instabilité règlementaire
• Interrogés sur le degré de complexité de différentes démarches administratives, 82% des dirigeants jugent au moins une démarche compliquée. L’application des règlementations environnementales, l’obtention d’une aide publique ou d’un crédit d’impôt et les démarches à entreprendre pour se séparer d'un salarié apparaissent compliquées pour environ 60% des dirigeants ayant effectué ces démarches au cours des deux dernières années.
• La complexité administrative est jugée coûteuse en temps et en achats de services. La perte de temps concerne particulièrement les dirigeants (pour 74% d’entre eux). Les démarches administratives ont également un coût financier, près de la moitié des dirigeants concernés déclarant faire appel à des prestations de services extérieures pour les effectuer. Les trois grands axes d’amélioration cités par les chefs d'entreprises sont la simplification des formulaires (44%), la réduction des délais de traitement par l’administration (44%) et une plus grande stabilité règlementaire (39%).
• Une large majorité de dirigeants concernés par les nouvelles obligations environnementales (CSRD et CS3D notamment) estiment leur mise en œuvre compliquée (58% la jugent compliquée et 32% très compliquée). Seuls 7% la trouvent simple et 35% n’ont pas d’avis. Pour faciliter leur mise en œuvre au sein de leur entreprise, les dirigeants appellent principalement à une simplification des démarches (60% d’entre eux) et demandent plus de délai pour leur mise en œuvre (38%).
Enquête Trésorerie Grandes entreprises et ETI
Enquête Trésorerie, Investissement et Croissance des PME
Synthèse conjoncturelle hebdo
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