Après l'amélioration observée en juin, la trésorerie des grandes entreprises et ETI se dégrade légèrement en juillet mais reste globalement résiliente. Les conditions de financement bancaire restent favorables malgré la tendance à la hausse des taux d'intérêt, tandis que les délais de paiement sont toujours jugés beaucoup plus longs qu’à l’accoutumée. Selon notre focus, un tiers des entreprises estiment que leur activité a été affectée par les épisodes de forte chaleur ou de canicule, avec un impact défavorable pour 28% d'entre elles, et positif pour seulement 5%. Pour les entreprises concernées, les effets sur la demande, l'organisation de la production et les conditions de travail priment sur le renchérissement direct des coûts.

> Présentation par A. Morlet-Lavidalie (vidéo AFTE)

Des trésoreries globalement résilientes

En juillet, la situation de trésorerie des grandes entreprises et des ETI se dégrade légèrement après l'amélioration observée en juin. Elle demeure néanmoins globalement résiliente, soutenue par des conditions de financement encore favorables, même si la trésorerie issue de l'exploitation reste davantage sous pression, pénalisée par une activité économique peu dynamique. 15% des trésoriers la juge trésorerie d'exploitation aisée, 64% normale et 21% la qualifient de difficile.

En léger repli, le solde d’opinions relatif aux délais de paiement des clients se stabilise sur un plateau élevé. 74% des trésoriers déclarent des délais stables, 2% seulement signalent un raccourcissement, tandis que 24% observent un allongement. En tendance, les délais de paiement continuent d’être jugés nettement plus longs qu’à l’accoutumée. Les délais de règlement des fournisseurs se rallongent légèrement, à des niveaux supérieurs à la moyenne de long terme.

Parmi les grandes entreprises et ETI exposées aux prix des matières premières, 72% déclarent un impact négatif sur leur trésorerie, une proportion en forte baisse, reflet de la détente sur les cours du Brent qui a suivi le mémorandum d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis mi-juin. La part des trésoriers estimant que le taux de change euro/dollar a un effet positif sur leur trésorerie ressort à 21% en juillet. 26% juge la parité neutre, 53% la juge défavorable. Une proportion relativement stable, l’euro évoluant autour de 1,16 dollar sans fluctuation forte depuis un an.

Peu de difficultés d'accès aux financements bancaires mais des coûts plus élevés. Parmi les 84% des trésoriers de grandes entreprises et d’ETI déclarant avoir eu recours au financement bancaire pour couvrir leurs besoins de trésorerie, 33% estiment l’accès au financement facile, en baisse par rapport à juin, mais seulement 11% font état de difficultés. En revanche, 22% des trésoriers indiquent une hausse des taux auxquels ils se financent et aucun en baisse, signe d’une pression croissante sur les coûts de financement.

Canicules et coups de chaud: quel impact sur l'activité?

Les épisodes de forte chaleur constituent désormais un aléa récurrent pour l'économie. Les résultats de notre focus du mois montrent toutefois que leur impact demeure concentré sur une partie du tissu productif. Un tiers des es grandes entreprises et des ETI répondantes (33%) déclare que la canicule influence le niveau d'activité, tandis que près de la moitié (49%) n'observe aucun effet notable. L'impact est jugé majoritairement défavorable (28% contre 5% d’effets positifs).

Les mécanismes de transmission des canicules sur l'activité sont multiples, les principaux touchant la demande, les conditions de production et d'exploitation, et le travail

Les principaux canaux de transmission sont les variations de la demande (30% des réponses), les perturbations de la production et de l’exploitation (31%) ainsi que les effets sur le facteur travail (29%). Si le choc reste concentré sur certains secteurs, ces résultats confirment que les épisodes de chaleur deviennent progressivement un facteur économique à part entière, influençant les conditions de production comme les comportements de consommation

30% des entreprises concernées indiquent que la canicule modifie le comportement de leurs clients, avec des effets pouvant être favorables ou défavorables selon les secteurs. Les perturbations de l'appareil productif constituent le deuxième canal de transmission. Les difficultés de production ou d'exploitation (18%), les fermetures temporaires de sites (8%) et les perturbations logistiques (5%) représentent ensemble près d'un tiers des réponses (31%), illustrant les contraintes opérationnelles induites par les fortes chaleurs.

Les effets sur le facteur travail sont d'une ampleur comparable. La baisse de la productivité des salariés (15 %), les réorganisations des horaires ou des conditions de travail (11 %) et l'augmentation de l'absentéisme (3 %) totalisent 29 % des réponses. Ces résultats mettent en évidence le rôle croissant des contraintes climatiques dans l'organisation du travail et la capacité de production des entreprises.

En revanche, la hausse des coûts d'exploitation (énergie, climatisation ou équipements) est moins fréquemment mentionnée (7 % des réponses). À ce stade, les conséquences économiques des épisodes de chaleur semblent donc provenir davantage de leurs effets sur la demande, l'organisation de la production et les conditions de travail que d'un renchérissement direct des coûts.

Au total, les épisodes de chaleur semblent constituer pour le moment un choc économique principalement sectoriel, mais dont les canaux de transmission sont déjà bien identifiés. Leur répétition pourrait néanmoins conduire un nombre croissant d'entreprises à adapter leur organisation et à intégrer plus systématiquement le risque climatique dans leur stratégie de production. 

> Voir la présentation des résultats par A. Morlet-Lavidalie (vidéo AFTE)