Focus
Perspectives économiques à court terme
Le bilan de la compétitivité française en 2025 confirme la stabilisation de la part des exportations françaises au sein de la zone euro, un peu en dessous de son niveau d'avant Covid, après deux décennies de chute. La France a regagné en compétitivité-prix par rapport à ses grands voisins, dont l'Allemagne, grâce à notamment à la modération des coûts salariaux et aux baisses d'impôts de production. Mais, entre la guerre commerciale américaine, l'offensive technologique chinoise, et son handicap énergétique, c'est désormais la zone euro dans son ensemble qui perd du terrain sur les marchés mondiaux.
En 2025, le déficit commercial de la France se réduit légèrement notamment grâce à une baisse de la facture énergétique, mais reste très élevé, tandis que l’excédent des services qui a doublé depuis 2019, recule légèrement. La part française dans les exportations de la zone euro se stabilise, au moment où l’Europe perd du terrain sur les marchés mondiaux. Dans un contexte peu favorable, l’attractivité industrielle française résiste relativement mieux que celle de ses principaux voisins.
Au vu des données disponibles sur les 11 premiers mois de l'année, le solde des échanges de biens et services de la France se dégrade à nouveau en 2025, dans un contexte international de guerre commerciale, mais il reste un peu meilleur qu’en 2019.
• La balance commerciale s'améliore en 2025, tout en restant déficitaire d’environ -73 Md€ (après -79 Md€ en 2024), tandis que la facture énergétique s'allège de plus de 10 Md€. L'analyse des échanges par produits montre une amélioration du solde des échanges de matériels de transports mais une dégradation dans plusieurs secteurs: agro-alimentaire, produits issus de la chimie, parfums et cosmétiques, et pharmacie dont l’excédent aurait été divisé par en deux.
• A +54 Md€, l’excédent sur les échanges de services diminue de près de 3 Md€ entre 2024 et 2025. Mais il a plus que doublé par rapport à son niveau de 2019, avant la crise du Covid-19.
• Au total, le déficit des échanges de biens et services représente -0,4% du PIB en 2025. C'est mieux qu'avant la crise sanitaire (-0,7% du PIB en 2019), grâce aux services, les échanges de biens étant quant à eux plus déficitaires qu’il y a six ans. Sur les trois premiers trimestres de l'année, la France est le seul grand pays de la zone euro déficitaire.
• La part de la France dans les exportations de biens de la zone euro se stabilise autour de 11% en moyenne en 2025, après les fortes fluctuations qui ont émaillé les crises sanitaires puis énergétiques. Elle se situe un peu moins d'un point sous son niveau de 2019, ce qui correspond à un manque à exporter de l’ordre de 75 Md€.
• L’hémorragie des parts de marché des décennies 2000 et 2010 a été endiguée au prix d’un effort important sur les prix d’exportation pour les biens manufacturés, qui ont crû moins fortement que ceux de nos grands voisins. L’amélioration de la compétitivité prix doit être mise en regard de l’amélioration opérée sur les coûts, tant sur le coût du travail (malgré l’affaiblissement de notre productivité) grâce à la maîtrise de l’inflation, que sur la fiscalité de production. Toutefois, la progression des prix français reste supérieure à la moyenne de la zone euro, signalant une perte de terrain face aux pays périphériques.
• Entre 2024 et 2025, la part de la zone euro dans les exportations mondiales de marchandises a baissé de près de 3 points. Elle s'établit à 20,1% en 2025 contre 23,3% en 2019. La France subit, à l'instar de ses voisins, cette dégradation de la compétitivité européenne, qui subit de plein fouet la course technologique et l'hyper-compétitivité de la Chine, la guerre commerciale des Etats-Unis, et le renchérissement de ses prix énergétiques.
• Comme les autres pays européens, la France subit une baisse des annonces de projets d’investissement, dans un environnement de taux d’intérêt toujours élevés et de compétition accrue entre pays pour attirer des investissements industriels et technologiques.
• Relativement à ses grands voisins, la France affiche une bonne résilience sur le plan des investissements industriels.
• Après le trou d’air de 2024-2025, l’indicateur d’industrialisation de Rexecode signale un rebond, qui devra être confirmé.