Après des mois de conflit au Moyen-Orient, la trésorerie des PME/TPE tient le choc, la plupart des dirigeants interrogés fin août-début septembre déclarant pouvoir faire face aux hausses de coûts induites. En revanche, les intentions d'investissement fléchissent sur fond d'incertitude politique, un des trois principaux risques identifiés avec les tensions géopolitiques et l'insuffisance de la demande. Alors que l'obligation légale de réception des factures électroniques entrait en vigueur le 1er septembre, 91% des TPE-PME se déclaraient prêtes, tandis que 46% estimaient être en mesure d'émettre des factures comme attendu en septembre 2027. A ce stade, les dirigeants sont plus nombreux à percevoir la transition vers la facturation électronique comme une contrainte que comme une opportunité.

La trésorerie tient le choc mais l'investissement flanche

La trésorerie des TPE-PME montre des signes de résistance.

Malgré la persistance du conflit au Moyen-Orient et la hausse des coûts associée, 88% des TPE-PME estiment leur trésorerie suffisante pour absorber ces chocs (+3 points sur le trimestre). Le solde d'opinion sur l'évolution récente de leur trésorerie se redresse nettement (+5 points par rapport au trimestre précédent, à −23), mais reste bien inférieur à sa moyenne 2018-2025 (−16). Cependant, le jugement sur le niveau actuel de trésorerie reste quasiment stable, avec 35% des dirigeants de TPE-PME le qualifiant de difficile. Les perspectives de trésorerie à trois mois se stabilisent après une nette hausse de l’indicateur au premier semestre 2026.

Les dirigeants ajustent leurs intentions d'investissement à la baisse.

42% des dirigeants comptent investir en 2026 (−4 points sur le trimestre, −3 points sur un an), un niveau inférieur de plus de 10 points à la moyenne historique (53%). Le solde d'opinion sur les montants investis se stabilise à −20 mais reste bas (12 points sous la moyenne 2018-2025). L'incertitude économique constitue un frein puissant à l’investissement: 59% des dirigeants ayant des projets d'investissement envisagent de les reporter ou de les annuler (une proportion en recul de 7 points toutefois sur un an).

Les TPE-PME ont de moins en moins recours au crédit, qui se resserre.

Que ce soit pour financer leur exploitation courante ou leurs investissements, le recours au crédit concerne respectivement 60% et 70% des PME-TPE, soit des proportions au plus bas depuis la création des séries en 2018). Les difficultés d’accès au crédit progressent légèrement ce trimestre: 21% des dirigeants ont rencontré des difficultés à financer leur trésorerie (+1 point, au-dessus de la moyenne 2018-2025 de 18%), et 17% ont essuyé des difficultés à financer leurs investissements (+1 point, proche de la moyenne 2018-2025).

Incertitude politique, tensions géopolitiques et insuffisance de la demande sont les trois facteurs de risques identifiés par les dirigeants.

• La faiblesse de la demande demeure le principal frein à la croissance, citée comme frein par 64% des dirigeants, soit +3 points sur le trimestre et sur un an.

• 92% des dirigeants déclarent un impact négatif de l’incertitude en termes de politique économique sur leur activité, dont 58% un impact fort, des proportions similaires à celles observées l’an passé. 64% d’entre elles déclarent des répercussions économiques du conflit sur leur activité (+2 points sur le trimestre), même si l’ampleur est jugée plus faible qu’au trimestre précédent (17% rapportent un impact fort contre 25% en avril dernier).

• Les difficultés d'approvisionnement, ravivées par le conflit au Moyen-Orient, restent élevées, avec 56% des TPE-PME déclarant y faire face (-1 point). Elles apparaissent toutefois un peu moins pénalisantes, alors que 27% estiment qu'elles affectent significativement leur activité, une proportion en baisse de 7 points sur le trimestre mais supérieure de 10 points à celle observée en début d’année, avant le déclenchement du conflit et la hausse du prix du pétrole associée.

Focus facturation électronique

Les PME sont prêtes pour la première étape mais des freins demeurent

• À l'approche de l'entrée en vigueur de l'obligation légale de réception des factures électroniques (au 1er septembre 2026), 91% des TPE-PME se déclaraient prêtes*. Parmi les 9% restantes, 21% pensaient l'être d'ici fin septembre 2026, tandis que 79% déclaraient avoir besoin d’un délai plus long (soit 7% de l'échantillon total). Cette transition, bien que largement anticipée, révèle des disparités dans la préparation, avec un quart des entreprises ayant devancé l'obligation légale.

• 80% des dirigeants identifient des freins majeurs à la mise en place de la facturation électronique. Ils citent en particulier le coût des solutions (42%) et la difficulté à choisir le bon prestataire (37%), alors que la liste de plateformes agréées est conséquente. Le manque de temps (27%), la complexité technique (23%) et les risques de cybersécurité (21%) complètent la liste des principaux obstacles rencontrés. Pour y faire face, 76% des dirigeants ont eu ou auront besoin d'un accompagnement, principalement technique (46%) ou sous forme de formation (31%). Le besoin d’un soutien financier apparaît globalement plus secondaire mais est plus important chez les TPE (1 à 9 salariés).

BAromètre PME/TPE Rexecode Bpi france septembre 2026 focus facturation électronique (graphique Rexecode)

• 52% des dirigeants perçoivent des avantages liés à la facturation électronique, principalement un gain de temps administratif (33%) et une meilleure traçabilité des factures (25%). A contrario, 48% n'anticipent aucun bénéfice. Dans l’ensemble, les dirigeants sont plus nombreux à considérer cette transition comme une contrainte (38%), plutôt qu’une opportunité (21%). Les entreprises ayant adopté la facturation électronique avant connaissance de l'obligation légale y voient de leur côté davantage une opportunité (33%) qu'une contrainte (23%).

* Enquête conduite du 24 août au 3 septembre 2026.