Malgré un contexte international difficile, la trésorerie des grandes entreprises et ETI fait preuve de résistance en septembre, en raison notamment des bonnes performances financières enregistrées au deuxième trimestre 2026. Les tensions sur les prix du pétrole et sur les taux pourraient néanmoins peser sur les trésoreries au cours des prochains mois. 80% des entreprises exposées déclarent que les prix des matières premières ont un effet négatif sur leur trésorerie, et notre focus montre que la plupart des entreprises répondantes (87%) craignent que la hausse des taux souverains ait un impact négatif sur leurs coûts de financement. Pour l'heure, 36% des entreprises interrogées n’ont pas encore constaté de hausse des taux d’intérêt auxquels elles se financent, et 44% la juge modérée.

Les trésoreries résistent pour le moment

En dépit d’un contexte international dégradé, la situation globale de la trésorerie des grandes entreprises et ETI fait preuve d’une grande résistance en septembre, en raison des bonnes performances financières enregistrées lors du deuxième trimestre 2026.

Le solde d'opinion sur la situation de la trésorerie d’exploitation est légèrement inférieur à sa moyenne de long terme, la tendance restant néanmoins à l'amélioration depuis un an. En septembre, 17% des trésoriers jugent la trésorerie d'exploitation de leur entreprise aisée, 63% la qualifient de normale et 20% de difficile. Le solde d’opinions sur la trésorerie globale se renforce nettement par rapport au mois de juillet (+12 points), atteignant un pic depuis juillet 2021. 

Les délais de paiement des client restent élevés, le solde d’opinions se stabilisant 5 points au-dessus de sa moyenne de long terme (16). 

Si les tensions liées au change se sont nettement atténuées, celles liées aux matières premières ressurgissent, au risque de peser sur la situation des trésoreries pour les mois à venir.

Parmi les grandes entreprises et ETI exposées aux prix des matières premières, 80% déclarent un impact négatif sur leur trésorerie, une proportion en forte hausse par rapport à juillet (+11 points). Cette nette dégradation intervient dans un contexte de résurgence des hostilités dans le détroit d’Ormuz. Le Brent dépasse désormais la barre des 100$, une première depuis les premiers jours du conflit en mars. A 80 €/MWh, le prix du gaz TTF atteint lui aussi un sommet depuis 2022.
 

Hausse des taux longs et coûts de financement

En septembre, 78% des trésoriers de grandes entreprises et d’ETI déclarent avoir eu recours au financement bancaire pour couvrir leurs besoins de trésorerie et, parmi eux, seulement 14% estiment l’accès au financement facile, une proportion divisée par deux depuis juillet. 14% font à l'inverse état d’un accès difficile. En matière de coût du financement, 79% des trésoriers indiquent percevoir une hausse des taux auxquels ils se financent, contre 22% en juillet. 

Interrogées sur l'impact de la hausse des taux souverains sur leurs conditions de financement, la plupart des entreprises répondantes (87%) anticipent un durcissement, dont 49% de façon modérée et 38% de façon prononcée. 

Toutefois, cette dégradation ne s'est pas encore pleinement matérialisée. 36% des entreprises interrogées n’ont pas encore constaté de hausse de leurs taux d’intérêt au cours des trois derniers mois, tandis que 44% font état d'une hausse modérée, et 20% d’une hausse plus marquée.