Focus
Perspectives économiques à moyen terme
L'impact du conflit en Iran sur les trésoreries des grandes entreprises et ETI se confirme dans notre enquête de mai. La résilience de la trésorerie globale traduit un comportement d'adaptation des entreprises au contexte géopolitique actuel. Notre focus du mois montre que 40% des entreprises voient un impact tangible de la guerre au Moyen Orient sur leurs principaux postes de coûts et sur leur trésorerie, et que cet impact commence à se diffuser : au total, plus 70% des entreprises en ressentent déjà les effets.
> Les résultats de l'enquête en vidéo avec Anthony Morlet-Lavidalie
• En mai, la trésorerie d’exploitation des grandes entreprises et ETI porte les stigmates du choc au Moyen-Orient.
Le solde d'opinion sur la trésorerie d'exploitation se dégrade depuis mars par rapport aux niveaux robustes du début d’année 2026. En mai, 12% des trésoriers jugent leur trésorerie d'exploitation aisée, 63% la considèrent normale et 25% la qualifient de difficile. A l’inverse, au delà d'une certaine volatilité, la trésorerie globale a tendance à résister, ce qui témoigne des stratégies d’adaptation des entreprises pour préserver leur trésorerie.
• Notre focus confirme que le choc géopolitique commence à se diffuser largement dans les entreprises.
Plus de 70% des ETI et grandes entreprises perçoivent déjà les effets de la guerre au Moyen-Orient, principalement sur les coûts et la trésorerie, avec une intensité variable selon les secteurs.
Face à ces tensions, les entreprises privilégient d’abord l’ajustement des coûts opérationnels (41,5%) et, dans une moindre mesure, les hausses de prix (27,7%) ou le report des investissements (16,9%) tandis que le recours au financement externe reste marginal.
• Le choc énergétique touche de plein fouet les entreprises exposées
Parmi les entreprises exposées aux prix des matières premières, 92% déclarent un impact négatif sur leur trésorerie, une proportion stable à un niveau historiquement élevé. La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz exerce une pression croissante sur les prix d’un grand nombre de matières premières, en premier lieu le pétrole. La demande peu dynamique interroge la capacité des entreprises à répercuter la hausse des coûts de production sur leurs prix de vente.
• Les ETI et grandes entreprises rapportent une hausse de leur coût de financement.
80% des trésoriers de grandes entreprises et d’ETI déclarent avoir eu recours au financement bancaire pour couvrir leurs besoins de trésorerie. Parmi eux, 36 % estiment l’accès au financement facile, en hausse par rapport à avril, tandis que 14 % font état de difficultés. Point marquant: 50% des trésoriers constatent une augmentation des taux d’intérêt sur les nouvelles lignes contractées. Une progression qui reflète les tensions inflationnistes en cours.
• Les délais de paiement des clients sont, en tendance, plus longs qu’à l’accoutumée.
En mai, le solde d’opinions relatif aux délais de paiement des clients s'améliore légèrement après la baisse observée en avril, et se situe, depuis le début de l’année 2026, à des niveaux plus favorables que la moyenne de 2025. 68% des trésoriers déclarent des délais stables, 5% seulement signalent un raccourcissement, tandis que 27% observent un allongement. En tendance, les délais de paiement restent néanmoins jugés plus longs que la moyenne de long terme.