Focus
Perspectives économiques à court terme
Les trésoreries des grandes entreprises et ETI ne sont pas insensibles au conflit iranien et aux tensions à l'œuvre sur les marchés du pétrole et du gaz: en mars près de 80% de celles qui y sont exposées déclarent que le prix des matières premières, y compris énergétiques, a un impact négatif sur leur trésorerie. Les soldes d’opinions sur l’évolution des trésoreries et les conditions de financement bancaire résistent à ce stade au durcissement du contexte économique. Par ailleurs, le focus sur les PGE (Prêts Garantis par l’État) montre à la fois la pertinence du dispositif et une trajectoire de remboursement globalement maîtrisée.
• En mars, 79% des grandes entreprises et ETI qui y sont exposées déclarent que le prix des matières premières (y compris énergétiques) a un impact négatif sur leur trésorerie. Une forte hausse qui s’explique notamment par l’irruption du conflit au Moyen-Orient, qui perturbe le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20% du pétrole mondial. Le baril de Brent a fortement augmenté, atteignant actuellement environ 100 dollars. Le gaz et d’autres matières premières, comme les engrais, subissent également de fortes tensions. Ces perturbations géopolitiques renchérissent les coûts d’un grand nombre d’intrants, exerçant une pression à la hausse sur l’inflation et sur les marges des entreprises.
• Les soldes d’opinions sur l’évolution des trésoreries des grandes entreprises et ETI résistent à ce stade au durcissement du contexte économique. Le solde d’opinions sur la trésorerie d’exploitation recule légèrement (-4 points) mais reste proche de sa moyenne de long terme. En tendance, la situation semble s'améliorer après les points bas atteints au cours de l’année 2025. Ce mois-ci, 10% des trésoriers jugent leur trésorerie aisée, 75% la considèrent normale et 14 % la qualifient de difficile. Le solde d’opinions sur la trésorerie globale s’améliore de nouveau (+3 points) et atteint un niveau particulièrement élevé, nettement supérieur à sa moyenne de long terme. La situation est aussi plus favorable en tendance.
• Les délais de paiement sont jugés plus longs qu’à l’accoutumée. Le solde d’opinions relatif aux délais de paiement des clients augmente à nouveau après le rebond observé en février, se rapprochant de ses plus hauts historiques (hors Covid). En tendance, les délais de paiement sont ainsi jugés plus longs qu’à l’accoutumée, et ce, de manière persistante.
• 32% des trésoriers ayant eu recours au financement bancaire pour couvrir leurs besoins de trésorerie jugent l’accès au financement facile, une proportion en progression par rapport aux derniers mois, tandis que seulement 13% signalent rencontrer des difficultés. À ce stade, les trésoriers ne rapportent pas de tensions sur les taux d’emprunt, mais cette situation pourrait évoluer avec le contexte géopolitique et la montée des taux souverains à 10 ans, déjà perceptible sur les marchés.
Parmi les bénéficiaires du PGE (30% des grandes entreprises et ETI), la trajectoire de remboursement apparaît globalement maîtrisée et les craintes de défaut restent marginales (0,9%). 18% ont déjà intégralement remboursé leur prêt. Pour les autres, les échéances se concentrent entre 2026 et 2027.
Rétrospectivement, près de 70% des entreprises estiment que le dispositif a permis d’éviter des difficultés de trésorerie, confirmant son rôle d’amortisseur pendant la crise.
Lettre de Rexecode
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Enquête Trésorerie, Investissement et Croissance des PME