Focus
Perspectives économiques à moyen terme
L'effet du conflit iranien sur les trésoreries des grandes entreprises et ETI est palpable dans l'enquête d'avril: 92% des entreprises exposées aux prix des matières premières (dont énergétiques), jugent leur impact négatif, et la part des trésoriers constatant une hausse des coûts d'emprunt a plus que doublé pour atteindre 57%. Notre focus du mois montre qu'un quart des entreprises subissent les conséquences de la guerre au Moyen-Orient, la hausses des coûts exerçant une pression sur les marges pour 28% d'entre elles. Néanmoins, une large majorité estiment pouvoir faire face à court terme.
En avril, les soldes de trésorerie ont tendance à se dégrader sans pour autant tomber à des niveaux alarmants.
• Le solde d’opinions sur la trésorerie d’exploitation s’améliore marginalement (+1,5 points), tout en restant sous sa moyenne de long terme. En tendance, elle n’apparait ni particulièrement dégradée ni dynamique. 7% des trésoriers jugent leur trésorerie aisée, 81% normale et 12% difficile.
• Le solde d’opinions sur la trésorerie globale connaît un net contrecoup à la baisse (-19 points), après des mois de février et mars particulièrement favorables, et repasse légèrement sous sa moyenne de long terme. En tendance, la situation de trésorerie globale demeure plutôt neutre mais elle s’accompagne d’une volatilité marquée depuis la mi-2025, traduisant probablement une sensibilité accrue des trésoreries au contexte économique et financier
92 % des grandes entreprises et ETI concernées rapportent que les prix des matières premières ont une incidence négative sur leur trésorerie, une proportion en très forte hausse.
La moitié des trésoriers estiment que, compte tenu de son domaine d'activité, le prix des matières premières (y compris énergétiques) a une influence significative sur la trésorerie de leur entreprise. Parmi eux, 92% juge cet impact négatif, contre 79% en mars La guerre au Moyen-Orient et le blocage du détroit d’Ormuz par l'Iran créent des tensions sur les prix du pétrole, du gaz et d’autres intrants critiques. Ces perturbations géopolitiques renchérissent les coûts de nombreuses matières premières, exerçant une pression à la hausse sur les prix de production, avec un risque de compression des marges et de tension accrue sur la trésorerie.
La part des trésoriers estimant que le taux de change euro/dollar a un effet positif sur leur trésorerie se stabilise à 38%, l’euro évoluant depuis le début de l’année 2026 dans un corridor compris entre 1,15 et 1,20 dollar.
Les ETI et grandes entreprises subissent déjà une hausse de leur coût de financement
En avril, 80% des trésoriers des grandes entreprises et des ETI déclarent avoir eu recours au financement bancaire pour couvrir leurs besoins de trésorerie, une proportion en hausse.
Parmi eux, 27% jugent l’accès au financement facile, une proportion qui recule par rapport aux derniers mois, 13% signalant des difficultés. Surtout, 57 % des trésoriers constatent une augmentation des taux d’intérêt sur les nouvelles lignes de crédit contractées, contre 23% le mois précédent. Cette progression du coût de la ressource reflète les tensions inflationnistes à l’œuvre.
26% des trésoriers des grandes entreprises et ETI déclarent subir les conséquences du conflit iranien. Plus de 60% ne ressentent pas encore d'impact direct.
Parmi les entreprises concernées, les tensions au Moyen-Orient affectent avant tout l’activité via la hausse du coût des matières premières énergétiques, citée par 47% des répondants. Cet effet domine largement les autres canaux de transmission, qu’il s’agisse des délais d’approvisionnement (14%) ou du renchérissement des autres intrants de production (12%). Les tensions exercent également une pression notable sur les marges, mentionnée par 28% des entreprises.
La majorité des entreprises semble, à ce stade, en mesure de faire face à ce choc de coûts, principalement par des ajustements ponctuels.
71% des entreprises considèrent que leurs dispositifs actuels sont suffisants pour absorber le choc, quand 17% se déclarent déjà sous tension. Les réponses adoptées restent prudentes et de court terme. Les entreprises privilégient la répercussion des hausses sur leurs prix de vente (25%), le renforcement des stocks (19%), quand 16% n'ont pas de réaction immédiate. Les décisions plus structurelles demeurent limitées: seules 13% des entreprises mentionnent une diversification de leurs sources d’approvisionnement et 13% un recours accru aux instruments de couverture.
L’ensemble traduit une résilience globalement satisfaisante, mais reposant davantage sur des ajustements ponctuels que sur une adaptation en profondeur face à ce type de choc.