Focus
Perspectives économiques à court terme
Les trésoriers des grandes entreprises et ETI signalent une dégradation de la situation globale de trésorerie en octobre. Les délais de paiement clients touchent leur plus haut niveau depuis la crise sanitaire, ceux des fournisseurs s'allongent aussi mais moins fortement. Les prix énergétiques continuent de peser sur les trésoreries des entreprises exposées, tandis que la récente dépréciation de l'euro face au dollar a des effets plus contrastés. Interrogés dans un focus, les trésoriers ne signalent pas d'effet significatif de l'entrée en vigueur début septembre de la facturation électronique obligatoire.
Le mois d’octobre se caractérise par une nette dégradation de la situation globale de trésorerie des grandes entreprises et des ETI sondées, dans un contexte international particulièrement hostile.
- Le solde d’opinions sur la trésorerie d’exploitation se replie à -4,5 (-1,2 point par rapport à septembre). Ce résultat qui tranche avec la dynamique positive initiée il y a un an, qui amorçait un retour vers la moyenne de long terme. Dans le détail, 12% des trésoriers jugent la situation de la trésorerie d'exploitation aisée, 64% normale et 24% difficile.
- La volatilité du solde d’opinions sur la trésorerie globale s'accentue: après avoir atteint un pic sur trois ans en septembre, le solde chute lourdement en octobre à -11,5 points (-24 points sur un mois), un plancher depuis un an. Malgré les bonnes performances financières du deuxième trimestre, la dégradation de l’environnement international semble peser.
- Les délais de paiement des clients atteignent leur plus haut niveau depuis la crise sanitaire de 2020. Le solde d’opinions progresse de +9 points par rapport à septembre, pour atteindre 30 en octobre. Dans le détail, 63% des trésoriers déclarent des délais stables (-8 points), 4% seulement signalent un raccourcissement, tandis que 34% observent un allongement (+8 points).
- En amont, les délais de paiement fournisseurs se redressent également, bien que l’amplitude du mouvement demeure pour l’instant plus limitée (à 3 après -2 en septembre). Dans le détail, 80% des trésoriers déclarent des délais stables, 9% raccourcis, et 12% allongés.
- Les prix énergétiques continuent de peser sur la trésorerie des entreprises, au premier rang desquelles les énergo-intensives.
Parmi les grandes entreprises et ETI exposées aux prix des matières premières, 76% déclarent que leur niveau actuel a un impact négatif sur leur trésorerie, une proportion en légère baisse (-4 points de pourcentage par rapport à septembre).
Le Brent dépasse 106$ le baril à la mi-octobre sous l’effet de l’enlisement du conflit au Moyen-Orient et en particulier des attaques dans le détroit d’Ormuz et contre des sites saoudiens stratégiques. Le cours du gaz TTF poursuit sa hausse et atteint près de 88€/MWh, contre 80€/MWh en septembre.
- La récente dépréciation de l’euro face au dollar polarise les trésoriers sensibles au change, selon que leurs recettes en dollars dépassent ou non leurs dépenses dans cette devise.
50% des trésoriers estiment que le taux de change euro/dollar a un effet négatif sur leur trésorerie (+14 points depuis septembre), 35% d’entre eux le considèrent positif (+10 points de pourcentage), et seulement 8% comme ayant un impact neutre (-28 points de pourcentage).
Cette polarisation intervient dans un contexte de dépréciation de l’euro face au dollar depuis septembre. Après avoir évolué autour de 1,16$ pendant un an, l’euro oscille depuis début octobre autour du seuil symbolique de 1,12$, son plus bas niveau depuis mai 2025. Les marchés y voient le signe d’un possible dépassement d’un seuil technique, présupposant de nouvelles baisses futures.
En octobre, 80% des trésoriers privilégient le financement bancaire pour couvrir leurs besoins de trésorerie, une proportion plutôt stable. Seuls 14% d’entre eux estiment l’accès au financement facile (stable), et 10% font état de difficultés d’accès (-4 points de pourcentage).
Concernant la perception du coût du financement, 71% des trésoriers indiquent une hausse des taux auxquels ils se financent, une part en léger reflux depuis septembre (-8 points de pourcentage).
Depuis le 1er septembre, les grandes entreprises et ETI sont tenues d’émettre leurs factures au format électronique par l’intermédiaire d’une plateforme agréée.
Six semaines plus tard, la réforme n’a guère d’effet perceptible sur la trésorerie: près des deux tiers des trésoriers jugent qu’il est trop tôt pour se prononcer sur son effet sur les délais de paiement de leurs clients, et la plupart des autres ne constate aucune amélioration.
La réforme n’a pas davantage amélioré la visibilité des prévisions d’encaissements: 67% des trésoriers interrogés n’observent aucun effet notable, et 8% d’entre eux perçoivent même un effet négatif. Près d’un quart des trésoriers attend toutefois une amélioration de la visibilité dans les prochains mois
Enquête Trésorerie Grandes entreprises et ETI
Synthèse conjoncturelle hebdo
Cahiers de Graphiques
Enquête Trésorerie Grandes entreprises et ETI
Synthèse conjoncturelle hebdo
Cahiers de Graphiques