Focus
Perspectives économiques à court terme
Le pôle Energie-Climat a mis à jour ses prévisions semestrielles d’émissions de gaz à effet de serre (GES) pour la France. D'après ses analyses par grands secteurs émetteurs, au total, les émissions françaises de gaz à effet de serre (hors UTCATF) s'établiraient à 356,8 MtCO2e en 2026, en baisse de 2,4% par rapport à 2025 (comprise de -1,0% à -3,7% selon l'évolution des températures d'ici la fin de l'année). La Stratégie national bas carbone (SNBC) exigerait une accélération généralisée, en particulier dans les transports, à la fois le premier poste d'émissions et le secteur dont la décarbonation est la plus lente.
D'après les estimations de Rexecode, les émissions françaises de gaz à effet de serre (hors UTCATF) s'établiraient à 356,8 MtCO2e en 2026, contre 365,5 MtCO2e en 2025, soit une baisse de 2,4% sur un an. Compte tenu des aléas de température et de conjoncture d'ici la fin de l'année, cette prévision est encadrée par une fourchette de 352 à 362 MtCO2e, correspondant à un repli compris entre 1,0% et 3,7%.
Ces estimations reposent sur les déterminants conjoncturels déjà observés au cours du premier semestre (production industrielle, températures observées, production d'électricité par filière, consommations de carburants etc.). Rexecode est ainsi, à ce stade, le premier institut à proposer un chiffrage des émissions françaises pour l'année 2026. L'année n'étant qu'à moitié écoulée, cette prévision demeure entourée d'une incertitude significative, liée notamment aux conditions de température de la fin d'année et à l'évolution de l'activité.
Rexecode est à ce jour le premier institut à proposer un chiffrage des émissions françaises pour 2026. L'année n'étant qu'à moitié écoulée, cette prévision demeure entourée d'une incertitude significative.
Le rythme de baisse resterait proche de celui des dernières années, de l'ordre de 2,5% par an. Il demeure environ deux fois inférieur à la trajectoire de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), qui suppose un recul de l'ordre de 5% par an pour atteindre les objectifs de 2030. Depuis 2019 (436 MtCO2e), les émissions auraient reculé de près de 18%, mais une part importante de cet acquis provient d'effets ponctuels qui ne se reproduisent pas chaque année.
Premier contributeur à la baisse. Sous une hypothèse de température proche de la normale (scénario central), le recul tient à la poursuite de la décarbonation du chauffage (montée des pompes à chaleur, recul du fioul et du gaz dans le mix) et aux gains d'efficacité du parc. C'est aussi le poste le plus sensible aux aléas de température : un hiver doux ramènerait les émissions du secteur autour de 51 MtCO2e (soit une baisse de 8,8% sur un an), tandis qu'un hiver froid les maintiendrait vers 55 MtCO2e (−2,7%).
La baisse se prolonge, portée par une production d'électricité toujours peu carbonée (nucléaire et renouvelables élevés, faible recours aux centrales fossiles).
Premier poste d'émissions et secteur qui décarbone le plus lentement. En dépit de la hausse des prix des carburants, on ne détecte pas de baisse significative des volumes consommés: des tests économétriques menés par Rexecode ne mettent pas en évidence de lien statistiquement significatif entre le prix et la consommation sur la période récente. De fait, la consommation routière (essence et gazole) reste supérieure d'environ 4% à son niveau de 2019. Le léger repli amorcé début 2026 tient d'abord à la substitution du gazole par l'essence et l’électricité (renouvellement du parc et électrification progressive) plus qu'à un recul de la demande globale.
La baisse accompagne la contraction du cheptel bovin et la modération des apports d'engrais azotés.
Quasi stable. Sur les quatre premiers mois de 2026, la production manufacturière observée se redresse légèrement (indice de production industrielle en hausse de 1,8% sur un an pour l'ensemble de l'industrie), portée par la métallurgie (+3,2%) et la chimie (+2,0%), tandis que les matériaux minéraux (−0,7%) et l'agro-alimentaire (−1,4%) restent orientés à la baisse. Notre scénario central prolonge cette activité globalement stable sur le reste de l'année. Les émissions ne reculent alors que très légèrement : le léger surcroît de production est compensé par la poursuite des gains d'efficacité énergétique et de la décarbonation du mix, sans repli structurel marqué cette année.
Recul lent et régulier, lié à la baisse du stockage et au captage.
La France resterait en 2026 sur une trajectoire de baisse réelle mais insuffisante. Le recul est de plus en plus concentré sur les bâtiments et la production d'électricité, tandis que le transport, premier émetteur, reste le principal point de rigidité. Sans accélération généralisée, en particulier sur le transport, l'écart avec la trajectoire de la SNBC continuerait de se creuser.
Nos estimations reposent sur une modélisation par secteur à partir de déterminants externes observés (production industrielle, températures, production d'électricité par filière, consommations de carburants, cheptels, apports azotés…). Sur la période récente (depuis 2010), le modèle réplique le total national du CITEPA avec une erreur absolue moyenne inférieure à 1%. Au pas mensuel, l'écart absolu moyen sur le total national est de l'ordre de 2,5% depuis 2019, l’incertitude étant la plus forte pour l’industrie et les bâtiments. Le suivi est mensuel, avec une prévision glissante à six mois: le terme "estimation" désigne le passé récent et les mois déjà écoulés de l'année en cours, "prévision" les mois à venir et les années suivantes. Les fourchettes reflètent l'incertitude de température (bande climatique) et d'activité sur les mois non encore observés.
Périmètre : France et Outre-mer inclus dans l'Union européenne, hors UTCATF.