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Perspectives économiques mondiales 2020-2024: après la chute et le rebond, jusqu'où ira l'onde de choc du coronavirus?

- Juin 2020

23/06/2020

La crise du Covid-19 dessine une séquence en trois temps. Après la sidération, une phase de récupération est amorcée, avant un retour sur un sentier de croissance affaibli. Le choc de la pandémie et des restrictions sanitaires entrainera en 2020 une chute brutale du PIB mondial. Le rebond qui suivra en 2021-2022 pourrait être tout aussi spectaculaire, mais laissera une perte permanente de PIB, en dépit de soutiens publics massifs. Les comportements des ménages et des entreprises resteront contraints, en particulier en matière d’investissement, ce qui pèsera à moyen terme sur la croissance potentielle.

Prévisions Rexecode (2020-2024), juin 2020 France et Monde

Une crise économique brutale à la genèse singulière

L’économie mondiale fait face depuis l’hiver 2020 à un choc d’une sévérité et d’une soudaineté inédites qui a balayé toutes les prévisions. La construction de notre nouveau scénario à moyen terme s'appuie sur les comportements les plus probables des agents économiques et sur quelques hypothèses, en premier lieu nous retenons que l'épidémie restera sous contrôle.

Planétaire, la pandémie de Covid-19 a des répercussions à court comme à moyen termes, très hétérogènes selon les pays. Nous retenons que les écarts de performance et de finances publiques qui se creuseront au sein de la zone euro ne déclencheront pas de crise.

La crise actuelle est d’abord le fruit d’une perturbation exogène des conditions de production, la perte de revenu qui en résulte affectant ensuite la demande. Cette genèse spécifique et l’ampleur des soutiens publics pourraient se traduire par une trajectoire originale en sortie de crise.

La sortie de récession est enclenchée, un rebond suivra mais la récupération sera partielle

Avec le déconfinement, la phase de sortie de récession semble bien enclenchée, mais la récupération sera probablement incomplète. D'abord parce que certaines activités, en particulier dans les services, ne sont pas reportables. Ensuite, parce que ménages et entreprises conserveront des comportements de précaution. Enfin, parce que des règles sanitaires nécessaires faute de vaccin affecteront les conditions de production.

Nous estimons qu'à l’échelle mondiale, la baisse d’activité serait de 4,6% en 2020, quand nos prévisions de décembre 2019 tablaient sur +3%. Le rebond attendu l'année suivante n'effacerait cette perte que partiellement: en 2021 le PIB mondial resterait inférieur de 3,9% au niveau attendu avant la crise, dans nos prévisions de décembre (l’écart serait de 5,3% dans le cas de la France). La récupération se prolongera en 2022, voire en 2023, mais resterait incomplète.

Une perte permanente de revenus aux conséquences probables sur la croissance potentielle

Même si elle est d'abord largement supportée par la puissance publique, avec à la clé une envolée de la dette, la perte d'activité et de revenus affecte les entreprises qui, en conséquence, revoient à la baisse leurs projets d’investissement et d’embauche. Dès lors, le processus d’accumulation se grippe.

L'examen des récessions passées montre ainsi qu'elles ont presque toujours abouti à une baisse de la croissance potentielle. Les dommages pourraient cependant être moins importants qu'en 1993 et 2009, notamment en zone euro et en France où ces deux épisodes récessifs avaient été suivis d’une forte maîtrise des comptes publics. En raison aussi de la nature spécifique de cette crise, ni économique, ni financière à l'origine.

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