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Diagnostic(s) N°5 - Octobre 2007

Edito : Croissance = demande + offre

09/11/2007

Pour renforcer la croissance, vaut-il mieux soutenir la demande ou débloquer l’offre ? Pour une croissance durable, il faut à la fois plus de demande et plus d’offre, et nous pouvons obtenir les deux. La clé tient en un mot : la compétitivité.

La production française représente moins de 3 % de la demande mondiale. A l’échelle française, la demande mondiale est quasiment infinie et elle est depuis quelques années exceptionnellement vigoureuse. Le problème est que notre production n’embraye pas sur l’expansion mondiale. Au cours des sept dernières années, le commerce mondial a progressé de 53%, nos exportations de seulement 21 %. Notre production nationale n’embraye même pas assez sur notre demande interne. De 2000 à 2007, la demande française de biens industriels a progressé de 14 %, les importations de produits industriels de 34 %, la production nationale de 4 %.

Si nous avions aujourd’hui tout simplement maintenu notre part de marché à l’exportation par rapport aux autres pays de la zone euro à son niveau de 1999, nous aurions cette année 100 milliards d’euros de plus de chiffre d’affaires à l’exportation. De quoi résoudre bien des problèmes. Ce n’est pas la demande qui fait défaut, c’est notre capacité de répondre à la demande, c’est-à-dire à une demande prête à payer le prix de nos produits et à en couvrir les coûts.
Notre chômage reste plus élevé que la moyenne européenne. Et pourtant, lorsque la croissance accélère, les entreprises butent sur des difficultés de recrutement. Nous avons une réglementation du travail trop complexe et un faible niveau d’emploi global. Nous avons un taux de charge sur le salaire parmi les plus élevés du monde.

Si les charges sont élevées, c’est aussi parce que nos dépenses publiques sont atypiques. La part des dépenses publiques dans le PIB s’élève en France à 53,4 %. Elle est de 47,3 % pour la zone euro. L’écart de dépense entre la France et la zone euro est passé de 1 point de PIB à la fin des années 1970 à 6 points actuellement. Cet écart représente 100 milliards d’euros de plus que la moyenne de la zone euro. Cette coïncidence de 100 milliards de plus de dépenses publiques et de 100 milliards de moins d’exportations incite à la réflexion, et peut-être aussi à l’action.

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