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Un "hard Brexit" serait très coûteux pour l'économie britannique selon les dernières estimations (BoE, gouvernement, NIESR…)

03/12/2018

Quel que soit son scénario de sortie de l’Union européenne, l’économie britannique entrera dans une zone de turbulences. Un consensus apparaît dans les études récentes sur une perte de PIB par habitant d’environ 3% en cas d’adoption de l’ accord conclu entre Londres et Bruxelles le 14 novembre . Un scénario de Brexit sans accord serait particulièrement pénalisant, avec une perte de PIB à long terme allant de 5,5 à 9.3% selon les estimations.

La Banque d’Angleterre, le gouvernement britannique, le NIESR et des think tanks britanniques ont évalué les pertes de croissance à moyen et long terme, en tenant compte des conséquences sur le commerce, les investissements étrangers, ou encore le solde migratoire.

• La Banque d'Angleterre analyse les effets économiques à cinq ans de l'accord de retrait validé par le gouvernement britannique le 14 novembre 2018 ainsi que les conséquences d'un Brexit sans accord.

Dans les deux scénarios, l'impact sur la croissance, sur l'emploi, sur l'inflation et les prix immobiliers, sur les secteurs d'activité et les effets sur la politique monétaire sont évalués à l'aide des modèles macroéconomiques de la BoE.

Les risques de perte de croissance fluctuent de -1.25% à -8% selon le scénario (le pire étant l'absence d'accord), avec un pic de chômage à 7.5% et d'inflation à 6.5%. Le taux de change de la Livre pourrait se déprécier jusqu'à -15%.

EU withdrawal scenarios and monetary and financial stability : A response to the House of Commons Treasury Committee Bank of England, 28 novembre 2018

 

• Le gouvernement britannique a présenté une modélisation de l’impact économique de la sortie de l’UE pour le Royaume-Uni.

Le rapport compare l'impact économique et sectoriel à long terme de plusieurs scénarios, par rapport à la situation actuelle : le livre blanc présentant le plan dit de " Chequers " de juillet 2018 , une adhésion du type de la Norvège à l'EEE, un accord de libre-échange avec l’UE à l’exemple du Canada, ou un Brexit sans accord.

Les auteurs estiment qu’après quinze ans de sortie effective de l’UE, l'économie britannique pourrait voir son PIB baisser de 3,9% à 9.3% par rapport à la croissance probable en cas de maintien dans l'UE.

EU Exit : Long-term economic analysis HM Government, 28 novembre 2018

 

• Le Centre for Economic Performance et le think tank The UK in a Changing Europe évaluent l'impact à l'horizon 2030 du Brexit sur la croissance, les finances publiques, le commerce extérieur et les migrations.

Selon leurs calculs, par rapport à une prévision de croissance en l’absence de Brexit, d'ici dix ans un Brexit avec accord pourrait réduire le PIB par habitant britannique de 1,9% à 5,5%, tandis qu’un Brexit sans accord entraînerait une réduction du PIB par habitant de 3,5% à 8,7%. Le coût pour les finances publiques se situerait entre 0,4% et 1,8% du PIB (avec accord) et 1% à 3,1% (sans accord).

The economic consequences of the Brexit deal Centre for Economic Performance – The UK in a Changing Europe, 27 novembre 2018

 

• Le National Institute of Economic and Social Research évalue les effets économiques du Brexit suite à l'accord de séparation validé par Theresa May le 14 novembre 2018 .

Il évalue en particulier l'impact des changements dans les relations commerciales entre le Royaume-Uni et ses partenaires (UE et pays tiers), sans tenir compte des effets liés à l’incertitude. Les auteurs estiment que le commerce avec l'UE, en particulier dans le secteur des services, sera plus coûteux après le Brexit.

Selon l'estimation centrale, si l'accord du Brexit proposé par le gouvernement est mis en œuvre, le PIB serait inférieur de 3.9% à horizon 2030 à ce qu'il aurait été si le Royaume-Uni était resté dans l'UE. Cela équivaut à une perte de 3% du PIB par habitant. Si le Royaume-Uni restait dans une union douanière avec l'UE, ou si l'option de backstop pour l’Irlande (clause temporaire de sauvegarde pour conserver la frontière avec l’Irlande ouverte aux biens et aux personnes) devait être invoquée, le PIB subirait une baisse de 2.8%. Dans le cas d'un no-deal, le NIESR estime le coût à -5.5% du PIB.

The Economic Effects of the Prime Minister's Brexit Deal National Institute of Economic and Social Research , Arno HANTZSCHE, Amit KARA, Garry YOUNG, 26 novembre 2018

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