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L'endettement des grands groupes français présente des risques à long terme (Banque de France)

Le recours croissant des grands groupes français à l’endettement : une stratégie de financement qui montre ses limites - Bulletin de la Banque de France, novembre 2019

02/12/2019

La Banque de France s'inquiète dans son dernier Bulletin de l'endettement croissant des grands groupes français, alors que leur capacité d'autofinancement n'a pas progressé au même rythme. Conséquence : leur solvabilité est plus fragile. A terme, par exemple en cas de remontée des taux d'intérêt, leur capacité de remboursement serait dégradée.

Bull BDF

Depuis 2014, les grands groupes français ont accru leur endettement grâce aux taux d’intérêt bas.

Dans son dernier Bulletin, la Banque de France exploite les comptes consolidés de grands groupes français non financiers privés recensés dans sa base FIBEN (fichier bancaire des entreprises). Elle montre que, si leur capacité à dégager des marges s’améliore depuis 2015, leur rentabilité opérationnelle* décroît. Cette baisse de la rentabilité opérationnelle entraîne un "fléchissement de la rentabilité des capitaux, malgré un effet de levier croissant". Cette configuration est porteuse de risques à long terme.

• La dynamique d’endettement des grands groupes induit une hausse du ratio de levier.

La Banque de France a évalué l’évolution du ratio de levier net** (dettes financières sur fonds propres) des groupes. Ce ratio constitue une mesure de la solvabilité car en cas de faillite, le remboursement des dettes contractées nécessite des actifs d’un montant équivalent. Le ratio de levier net moyen des groupes français a augmenté de 7,8% entre 2013 et 2018. Il tend cependant à reculer en 2018.

• Le surcroît de dettes "pourrait à terme peser sur l’autonomie financière des grands groupes"

Certes, depuis 2014, la capacité des grands groupes à couvrir le coût de l’endettement (intérêts et charges assimilées) par le résultat brut d’exploitation s’améliore. La moitié des groupes étudiés dégagent un résultat brut d’exploitation au moins 14,9 fois supérieur aux intérêts et charges assimilées (contre 13,3 fois en 2014).

Toutefois l'auteur souligne que la "capacité d’autofinancement récurrente des grands groupes ne se renforce pas aussi vite que la hausse de leur endettement". Ainsi, en 2018, pour la moitié des groupes étudiés, le remboursement de l’endettement net par la capacité d’auto-financement récurrente requiert selon la Banque de France 3,5 ans (contre 2,5 en 2013).

• La stratégie de financement par la dette comporte des risques à terme :

Dans la mesure où la rentabilité des capitaux a tendance à être davantage soutenue par l’effet de levier que par la rentabilité opérationnelle, la capacité de remboursement se dégraderait nettement en cas de remontée des taux d’intérêt. En cas de besoin, les groupes auront également davantage de difficultés à reconstituer leur coussin de liquidité qui a diminué depuis le haut niveau atteint en 2012. Enfin, les nouvelles dettes financières servant davantage dans la période récente à financer des opérations de croissance externe que de l'investissement, le revenu futur des nouvelles entités peut être surestimé.

Le recours croissant des grands groupes français à l’endettement : une stratégie de financement qui montre ses limites

Hélène CHARASSON-JASSON
Bulletin de la Banque de France N°226-4, novembre 2019

*Rentabilité opérationnelle : rapport entre le résultat d’exploitation et l’ensemble des ressources (fonds propres et endettement financier net)

**Le ratio de levier net rapporte l'endettement financier non couvert par la trésorerie disponible au désendettement aux fonds propres

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