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En 2024, la dette publique pourrait atteindre 116% du PIB, estime François Ecalle (Fipeco)

L’impact de la crise sur les finances publiques - FIPECO, 18 mars 2020

23/03/2020

Selon François Ecalle (Fipeco) qui a modélisé l'impact de la crise liée à l’épidémie de coronavirus sur les comptes publics en se basant sur la crise financière de 2008, le déficit public pourrait déraper de 4 à 5,5% entre 2020 et 2024, tandis que la dette publique pourrait culminer fin 2024 jusqu'à 116% du PIB.

François Ecalle examine dans une note publiée sur son site Fipeco* les effets de la crise liée à l’épidémie de coronavirus sur les finances publiques françaises. Il réalise un "stress test" mesurant l’impact sur le déficit et la dette publics d’une évolution du PIB dans les années 2020 à 2024 identique à celle des années 2008 à 2012.

F. Ecalle estime que le déficit public serait compris entre 4,0 et 5,5% du PIB en moyenne dans les années 2020 à 2024, dans le cas où le solde structurel serait stabilisé à son niveau de 2019, et si des mesures temporaires de relance sont mises en oeuvre en 2020-2021 à hauteur de 1,3 point de PIB (31 Mrds€, comme ce fut le cas en 2009-2010).

La dette publique augmenterait fortement en 2020 et 2021, puis plus modérément, pour atteindre 116% du PIB à la fin de 2024. La hausse de l’endettement de fin 2019 à fin 2024 (+17 points de PIB) serait ainsi inférieure à celle qui a été constatée de fin 2007 à fin 2012 (+26 points), grâce à un déficit structurel - hors effet de la conjoncture - deux fois moins élevé qu’en 2007 (2,2% du PIB). "Cette hausse est préoccupante mais le plus important est de pouvoir stabiliser la dette en pourcentage du PIB, quel qu’en soit le niveau". Or Si la croissance repart, la faiblesse des taux d’intérêt facilitera la stabilisation de la dette publique.

Dans ce contexte, il est, selon l’auteur, très important que les nécessaires mesures de relance de l’activité et de soutien des ménages et des entreprises soient temporaires pour que le déficit structurel n’augmente pas. L’auteur estime que reporter le paiement des cotisations sociales dues au titre de mars 2020 jusqu’à la fin de l’année n’aurait aucun impact, même temporaire, sur le déficit public de 2020 ; renoncer à percevoir ces cotisations sociales dues au titre de mars 2020 aggraverait le déficit de 2020 mais pas celui des années suivantes ; en revanche réduire en 2020 le taux de certains impôts sans limite de temps aggraverait le déficit public de 2020 et des années suivantes, donc le déficit structurel.

L’impact de la crise sur les finances publiques
FIPECO, François ECALLE, 18 mars 2020

*FIPECO est l’acronyme de « Finances Publiques et Economie », association sans but lucratif relevant de la loi de 1901. François ECALLE est notamment ancien rapporteur général du rapport de la Cour des comptes sur la situation et les perspectives des finances publiques et ancien membre du Haut Conseil des finances publiques

Voir également sur les finances publiques françaises :

Rapport sur le projet de loi de finances rectificative pour 2020
Sénat - Albéric de MONTGOLFIER, Rapport N°385, mars 2020

Rapport sur le projet de loi de finances rectificative pour 2020
Assemblée nationale - Laurent SAINT-MARTIN, Rapport N°2761, mars 2020

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