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Des prévisions de croissance un peu plus optimistes pour la France en 2015 et 2016

- avril 2015

02/04/2015

Denis FERRAND

Nous relevons notre prévision de croissance pour la France à 1,2% en 2015, en raison principalement de la chute du prix du pétrole. Mais les freins qui brident l'activité ne sont pas levés, aussi une fois l’effet pétrole passé, vers la mi-2016, il est probable que l'économie française revienne progressivement vers une croissance proche de 1% par an.

Nous relevons notre prévision de croissance de l’économie française à 1,2% pour 2015 (la prévision publiée en septembre 2014 était de 0,8%). Pour 2016, nous anticipons un taux de croissance du PIB de 1,6%. Un tassement interviendrait à partir du milieu 2016.

La croissance économique mondiale se poursuit à un rythme modéré

L'activité a ralenti dans les économies émergentes et notamment en Chine. Certains grands pays sont même en difficulté (Russie, Brésil, plus récemment Turquie). Aux Etats-Unis, la croissance a probablement dépassé un pic de 4% l’an à la mi-2014 et les données récentes sont un peu décevantes. En Europe, l’activité qui était déprimée accélère un peu : le climat des affaires s’améliore et la production se redresse grâce au rebond de la consommation des ménages.

Les prix du pétrole se sont effondrés

Nos perspectives de septembre tablaient sur un cours moyen du baril de pétrole de 83 euros en 2015. Compte tenu de la forte baisse intervenue depuis, partiellement compensée en Europe par la hausse du dollar, nous retenons un cours de 62 euros pour 2015, puis une remontée à 69 euros en 2016. Cette baisse entraîne un supplément de pouvoir d’achat qui bénéficie en partie aux entreprises et surtout aux ménages, stimulant la consommation.

La dépréciation de l’euro s’est accélérée

Accélérée par la conversion de la BCE au Quantitative Easing, la dépréciation de l'euro a des effets ambigus. D'une part, elle renchérit le prix des importations et pèse sur les coûts de production. D'autre part, elle améliore la compétitivité-prix à l'exportation et est donc favorable, dans un deuxième temps, à l’activité. Cet effet jouerait surtout à partir de la mi-2015 et en 2016.

Les freins qui brident l'économie française ne sont pas levés

Incertitude européenne, ralentissement des gains de productivité, nécessaire désendettement, déficit public, lenteur des réformes structurelles, fiscalité sur le capital excessive et dissuasive sont autant de freins qui restent en place. Une fois l’effet pétrole passé, la France reviendra progressivement vers un taux de croissance plus proche de 1% par an à compter de la mi-2016.

Des scénarios très différents, moins favorables, sont possibles. Les politiques très atypiques des grandes Banques centrales sont en effet porteuses de risques. Les taux d’intérêt atteignent des planchers inédits. Par ailleurs, la zone euro se heurte périodiquement à des obstacles qui brouillent les anticipations.

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